Lucien Le Lay (rue)

Nom de la rue

Lucien Le Lay est né le 5 septembre 1924 à Penmarc’h. Il était le fils de Michel, dit Gwen Le Lay (1898-1957), qui pendant la guerre était le responsable pour Saint-Guénolé du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France et de Marie Jégou (1902-1988), ouvrière d’usine. Lucien Le Lay était marin pêcheur comme son père, embarqué sur le « Simone », puis le «Malvina Hoffman » puis le « Carmencita » en 1943. Il fut capturé par les Allemands à la place de son père qui était activement recherché. Il mourut au camp de Bergen Belsen le 1er mars 1945, il avait 20 ans.

Il a obtenu à titre posthume la médaille de la Résistance française par décret du 5 octobre 1955.

Caractéristiques de la rue

Ce nom de rue a été choisi en 1955 par la municipalité de Thomas Donnard. Auparavant la rue était appelée rue du centre ou rue principale.

La rue Lucien Le Lay mesure 420 m et suit un axe NO-SE. Elle va du croisement avec les rues Lucien Larnicol, rue du Port et rue François Péron jusqu’au croisement avec la rue Pierre Semard et la rue de la Joie. Son niveau le plus bas est à 2,86 m à son extrémité sud, puis la pente remonte jusqu’à 4,65 m (près de l’ancien abri du marin) et redescend en pente très douce jusqu’à son extrémité nord (4,06 m).

La rue Lucien Le Lay vers 1952. Carte postale Combier

Histoire

La rue Lucien le Lay est la plus récente des grandes artères de Saint-Guénolé, en effet elle n’existait pas avant les années 1870, c’était juste un vague passage entre les murets de pierres de l’Ile Fougère et la dune.

En 1870, l’industriel Louis Pichot acheta un terrain à l’Ile Fougère, l’année suivante Joseph Artaud loua un autre terrain pour y construire une usine en bois. En 1872, la mairie mit en vente les terrains communaux situés entre les futures rues Lucien Larnicol et Pierre Semard. Plusieurs usiniers se portèrent acquéreurs, l’industrialisation de Saint-Guénolé commençait. La préfecture demanda qu’un chemin de 10 m de large soit créé pour desservir les futures usines. En 1873, Louis Pichot proposa une somme de 100 F à la commune pour l’aider à constituer ce chemin, la mairie accepta, ce fut le véritable acte de naissance de la rue. Les travaux commencèrent dès 1874. La nouvelle voie fut reliée à la route menant à Penmarc’h et baptisée dans les années 1880 « Grand chemin de communication n°53 de Saint-Guénolé à Loctudy », puis « Chemin départemental n°80 » en 1938.

Dans les années 1870, alors que les usines en bois, puis en pierre poussaient sur la dune, un premier commerce s’ouvrit le long de la voie, c’était une baraque en bois tenue par Corentin Kersalé, elle faisait débit de boisson et auberge. En 1885 quelques autres maisons apparurent : l’hôtel Charpentier avec en face la boulangerie débit Larnicol et une autre maison à l’angle de la future rue des Marais. Soumise à une forte circulation et construite peut-être un peu hâtivement, la voie se détériora. Le conseil municipal demanda son amélioration dès le mois d’août 1886.

La rue se densifia rapidement, si bien qu’au début des années 1920 elle était déjà presque identique à celle d’aujourd’hui, comme le montre la photo aérienne IGN de 1923. Presque tous les espaces laissés libres entre les usines étaient déjà bâtis. Néanmoins il manquait encore l’actuelle place Auguste Dupouy : c’était une plage de sable qui s’étendait face à l’usine Cassegrain.

Dans ces années vingt le revêtement de la rue laissait encore parfois à désirer. En témoigne cette demande adressée en 1925 par M. Cassegrain au préfet :

Archives départementales du Finistère, 9 S 57

Accès principal au centre de Saint-Guénolé, la circulation rue Lucien Le Lay fut d’emblée très dense : marins, ouvrières d’usine, charrettes des conserveries, charrettes à bras chargées de poissons frais…

Le Télégramme, 5 septembre 1957

Il fallut attendre 1959 pour que la création de la place apporte une ultime modification à la rue. Les dernières parcelles cultivées quant à elles disparurent dès l’après guerre. La circulation automobile se développa et en mai 1967 on vit même apparaître des feux tricolores au sud de la rue, à l’intersection avec les rues de la Joie et Pierre Semard, mais ils ne durèrent pas très longtemps. La construction des trottoirs le long de la rue fut votée en mars 1975.

Comme la rue Lucien Larnicol, la rue Lucien le Lay avait également une fonction sociale et de loisirs grâce à ses nombreux bars, actifs en semaine dès le matin et surtout le samedi, jour de paye. Le vendredi c’était aussi la rue du marché : en été il s’étendait même de la petite place de l’Ile Fougère jusqu’à la rue du Port, entraînant de beaux embouteillages.

En 1980 la rue conservait en grande partie la même structure, mais la fonction des bâtiments avait déjà changé, ils avaient été reconvertis ou étaient devenus des coquilles vides, et le Nénes (1) n’attirait plus guère que les joueurs de cartes retraités.

Activités : commerce, artisanat, agriculture, industrie, loisirs (des origines à 1980)

Côté est de la rue

n°14

Hôtel Moguérou. Carte postale, éditeur non identifié.

Hôtel Moguérou [1920-après 1980]

Voir l’article Hôtel Moguérou.

n°42

Criquet [1912 – après 1980]

Jean-Marie Criquet (1881-1953) et son épouse (1907) Perrine Jégou (1888-1968)

Originaire de Tréffiagat, Jean-Marie Criquet avait une formation de soudeur. Après son mariage il s’installa à Saint-Guénolé comme vendeur de ferblanterie et d’articles de ménage. Jean-Marie Criquet devint également plombier zingueur et transporteur. Il ouvrit en outre une station essence et exerça même un temps la profession de mareyeur. Perrine Jégou tenait le magasin de ferblanterie et articles de ménage en y adjoignant bientôt de la vente d’appareils de chauffage, de voitures d’enfants, de bicyclettes… J’ignore où se trouvait ce premier magasin. Jean-Marie Criquet possédait aussi un entrepôt garage rue de la Joie.

Une nouvelle maison avec local commercial fut bâtie rue Lucien le Lay au tout début des années 1940 en mitoyenneté avec la maison du cordonnier Castric (n°56).

Le couple avait deux fils. L’aîné Ferdinand (1910-1979) s’installa à Kérity tout en poursuivant une activité de plomberie et sanitaires à Saint-Guénolé jusqu’au tout début des années 1960.

Le second se nommait Gabriel, plus connu sous le diminutif de Gaby (1920-1987). Epoux de Jeanne Loussouarn (1918-2007), il était plombier-chauffagiste et, tout comme son père, transporteur. Il avait gardé la station essence (cuve de 2000 litres, marque Shell) et exerçait aussi à ses débuts la profession de grossiste en épicerie et en vin. Son épouse tenait le commerce qui s’était encore diversifié : quincaillerie, jouets, souvenirs, cycles, livres, cartables, papeterie, articles de ménage, appareils de chauffage, poussettes…

Par la suite, Jacques Criquet (1947-2010), le fils de Gaby et Jeanne Loussouarn reprit l’activité.

Publicité parue dans Ouest France du 26 mars 1974

n°56

Castric [1914 – après 1980>]

Louis Castric (1888-1955).

Originaire de Combrit, Louis Castric s’installa comme cordonnier en mars 1914 à Saint-Guénolé, mais je ne sais pas dans quelle rue. Il fit construire sa maison et son commerce rue Lucien Le Lay vers 1935.

Puis

Louis Castric fils (1920-1995)

En septembre 1946,  son fils Louis Castric reprit l’activité. Cordonnier comme son père qui l’avait formé, il était également marchand de chaussures et d’articles de sport. Louis Castric était une célébrité locale : coureur cycliste, footballeur (il fut gardien de but de l’équipe des Cormorans) et même boxeur !

Louis Castric (au centre de la photo)

n°72

Charlot [avant 1918 – années 1960]

Pierre Charlot (1866-1921), époux (1900) de Anna Durand (1873-194.)

Après avoir été sabotier, marin, puis soudeur, Pierre Charlot ouvrit une boulangerie débit dans les années 1910. Il était boulanger et son épouse tenait le commerce.

Puis, à partir de 1921 :

Marie-Corentine le Pape (1900-1982), épouse (1919) de Jean-Louis Charlot (1891-1945), fils de Pierre Charlot.

Boulangerie, épicerie, débit avant la deuxième guerre, puis uniquement épicerie débit à partir de 1940. Le débit était entre autres le lieu de rendez-vous des ouvriers de l’usine Roulland située en face. A partir de 1952, Marie-Corentine le Pape exerça aussi une activité de commerce ambulant de dentelles. Jean-Louis Charlot était marin.

n° 86

Le Rhun [années 1920-années 1970]

Corentin le Rhun (1900-1963), époux (1923) de Marie-Louise le Donge (1905-1977)

D’abord sertisseur, Corentin le Rhun se lança dans le transport de marchandises. A l’arrière de sa maison il enterra une cuve à essence de 3000 litres et plaça une pompe côté rue.

Archives départementales du Finistère, 5 M 90

Parallèlement il se lança dans le transport de marchandises après avoir acheté des véhicules abandonnés par l’armée américaine à Brest. En 1930 il possédait trois camionnettes : une Vinot & Deguingand, une Berliet et une Chevrolet. Il développa également dans les années trente une activité de transport de passagers. Vers 1936 il fit construire un garage rue de la Joie pour ses différents véhicules. L’entreprise utilisa pendant longtemps des cars Chausson dont le célèbre AP2 à « nez de cochon ». Les cars Le Rhun arboraient un dessin de cormoran à l’arrière, ils assuraient les transports locaux et proposaient quelques excursions. En décembre 1960 une liaison quotidienne fut mise en place pour desservir Quimper, avec arrêt au café Coïc de Pont-l’Abbé, près de l’Hôtel-Dieu. A la rentrée 1963 c’est un service de cars scolaires vers Pont-l’Abbé qui fut créé.

Marie-Louise le Donge de son côté proposa à partir de 1952 un service de lavage de linge : le linge déposé le mercredi était rendu lavé et essoré le jeudi ou alors lavé et sec le samedi. Puis, en juillet 1953, elle ouvrit une crêperie débit de boisson. Ses crêpes à emporter étaient particulièrement appréciées de la clientèle locale.

Leur fils Corentin Le Rhun dit Tintin Le Rhun (1926-2010) prit la succession. Il diversifia encore l’entreprise en créant des cours d’auto-école.

Publicité de 1967

Mais la concurrence des voitures particulières aura bientôt raison des petites entreprises de transports. Corentin Le Rhun déplaça l’activité pendant quelques temps à son domicile Cité de la Joie, mais il finit par renoncer et se reconvertir. La crêperie quant à elle ferma ses portes vers le fin des années 1970.

au n°86 également

Cloarec [1915-1926]

Eugénie Le Berre (1879-1927), veuve de Henri Cloarec (1879-1914)

Veuve de guerre, Eugénie Le Berre tenait un débit de boisson épicerie mercerie et bonneterie dans la partie de la maison qu’elle louait à Nicolas Le Rhun et son épouse Jeanne le Put, parents de Corentin Le Rhun.

Eugénie Le Berre était la sœur de Marie Hélène également débitante au n°328 de la rue.

n°96

Rioual[mars 1934- années 1950]

Pierre Marie Rioual (1911-1958), époux (1932) de Marie Louise Le Rhun (1914-2006)

Pierre Marie Rioual était peintre en bâtiment, c’était le frère du menuisier Vincent Rioual (n°82 rue Lucien Larnicol).

Marie Louise dite Lisette Le Rhun tint une alimentation générale avec vins et spiritueux au détail, succursale « Vieux Castel » en 1952-1953.

Puis au n°96

Dizet [années 1950 ?]

Alimentation.

Puis, toujours au n°96

Duret [<années 1970>]

Noël Duret

Alimentation.

n°106

Péron [1913-1954]

Yves Joseph Péron (1880-1968)

Joseph Péron en 1958, coll. personnelle

Fils et frère de charrons et charpentiers, Joseph Péron commença sa carrière comme menuisier charpentier. Son père Michel Péron avait été charron et charpentier (rue Pierre Semard, n°262), son frère Alain Péron était menuisier charpentier et entrepreneur rue Lucien Larnicol (n°64) et sa soeur Marie Anne tenait une boulangerie débit également rue Lucien Larnicol (n°41-52).

Après la guerre, où il s’illustra en obtenant la croix de guerre et une citation italienne, Joseph Péron bâtit progressivement l’une des plus grosses entreprises du bâtiment du Pays bigouden (il employait une quarantaine d’ouvriers lorsqu’il laissa les rênes de l’entreprise à son fils Pierre). Il fut aussi élu premier adjoint de la commune en 1935 et en 1939. En juin 1940 le préfet le nomma maire de Penmarc’h. Il démissionna en octobre, mais en juin 1941 le conseil municipal le réélu maire. Malgré ses réticences il accepta ce mandat, mais finit par démissionner en juin 1943 en invoquant des raisons professionnelles.

Son épouse Marie Corentine Stéphan (1894-1977) ouvrit un commerce au même endroit, mais j’ignore ce qu’elle vendait et combien de temps cela a duré.

n°178

Photo de l’auteur

Cette maison fut construite vers 1915 pour Sébastien Riou (1879-….) et son épouse (1913) Marguerite Le Coant (1887-1918) à proximité immédiate du site de l’ancienne usine Artaud, première conserverie de Saint-Guénolé. Patron pêcheur, Sébastien Riou fut un valeureux sauveteur en mer pendant les années 1910. Il participa à 21 sorties en tant que patron du bateau de sauvetage « Maman Poydenot ». 107 personnes furent sauvées lors de ces interventions.

Sébastien Riou

Le bâtiment abrita plusieurs commerces :

Diquélou [mars 1935 – début des années 1940]

Coiffeur, parfumerie

Diquélou, Alphonse (1910-2002) et (1935) son épouse Marie Riou (1910-1965)

Puis Cloarec [été 1946-années 1960]

Emmanuel Cloarec (1922-2019)

Coiffeur.

Peu après 1950 Emmanuel Cloarec fut remplacé par son frère Louis Cloarec, dit Lili (1927-2017). En 1950, avant d’être coiffeur, Lili Cloarec était « marchand ambulant de bimbeloterie, bazar, articles de plage et de Paris ».

Au n°178 également

Cloarec [7/1946-années 1950]

Marie Rolland (1902-1960) x (1922) Manu Cloarec (1896-1974)

Mercerie, lingerie, chemiserie, laine, layette et tissus. Fabrication et vente de dentelles à partir de 1950. Le commerce était tenu par Marie Rolland, Manu Cloarec était marin, ils étaient les parents des précédents.

Le Donge [1968-années 1970]

Daniel le Donge (1940-2017) et son épouse Marie Louise Gloaguen (1942-2017)

Mouez Penmarc’h, n°137-138

Boucherie, charcuterie, traiteur. Ils firent aussi restaurant (enseigne « Au plat du jour »).

Entre le n° 192 et le n° 224

Conserveries Béziers, Lebeaupin (et al) [1870-1989]

Voir l’article Lebeaupin (Conserverie)

N° 224 et bâtiment industriel contigu.

Conserverie Cassegrain (et al) [depuis 1875]

Voir l’article Cassegrain (Conserverie)

N° 302

Jacob [ Février 1933 – après 1980] Bar de l’Océan

Marie Stéphan (1905-1997) épouse (1925) de Eugène Jacob (1902-1993)

Le commerce, construit vers 1925, s’appellait « Bar de l’océan ». C’est dans ce bar que François Péron fut arrêté par les Allemands en 1940. Le débit de boisson faisait aussi épicerie. Quelques hauturiers y venaient pour « loder »(2), en particulier ceux de la famille Dréau : « Papillon III », « Papillon IV », « Marie Pierre ».

Eugène Jacob était mareyeur. Il installera plus tard son magasin de marée en face, dans l’ancienne usine Ravilly (voir le n°353, côté ouest de la rue et aussi la rue du port).

Puis

Simone le Coz (1929-2011) épouse de Georges Jacob (1926-1998), fils d’Eugène Jacob et de Marie Stéphan, succédera à sa belle-mère au Bar de l’Océan à partir de janvier 1953.

n°328 et 328 a

Pézennec[mai 1920-avril 1947]

Marie Hélène le Berre (1884-1952) épouse (x1915) de Baptiste Pézennec (1878-1966)

Épicerie débit. Marie Hélène le Berre était la sœur de Eugénie, épouse Cloarec, également commerçante au n°86 de la même rue. Elle semble avoir pris la succession de sa mère, Eugénie Inizan, épouse d’Alain le Berre, commerçante décédée en avril 1920. Ce commerce occupait entièrement une toute petite parcelle de forme triangulaire, il avait un toit presque plat, ce qui était très rare à Saint-Guénolé.

Sur cette photo du raz-de-marée de 1924 on distingue l’enseigne buvette.

Puis au n° 328 – 328 a

Riou [ 1953 – après 1980]

Pierre Riou(1925-….) et son épouse (1953) Thérèse Stéphan(1929-….)

Bijouterie, horlogerie, orfèvrerie. Ils ajouteront plus tard vente de cadeaux et souvenirs. Pierre Riou avait débuté dans le quartier de la Tour carrée.

Publicité de 1970, Bulletin municipal n°2.

n° 340

Marblé [années 1910 – début des années 1930]

Jean Louis Marblé (1877-….), époux (1900) de Jeanne le Coant (1879-ca 1952)

Venus de Peumérit, où ils étaient commerçants au village de Saint-Joseph au moins jusqu’en 1910, ils ouvrirent un débit de boisson à l’Ile fougère. En 1920, leur fille Joséphine (1901-1983) qui tenait aussi le débit, épousa son voisin Jean Marie Stéphan (1896-1931), marin pêcheur ; c’était un des fils de Jean Stéphan et de Louise le Pemp, elle-même commerçante.

Sur ce détail de la photo précédente on distingue l’enseigne « Marblé débitant ». Cette photo de Georges Chevalier date de février 1920.Musée départemental Albert Kahn  : albert-kahn.hauts-de-seine.fr »

Après le décès de Jean Marie Stéphan en 1931 et le remariage de Joséphine Marblé avec Nonna Calvez en 1933, le commerce fut mis en location.

Puis au n°340

Bescond [1933 – 1948]

Bescond, Jean-Louis (1900-194.), époux (1923) de Marie Jégou (1900-1982)

Originaires de Plonéour, ils prirent en location le débit qui faisait aussi épicerie.

Puis au n°340

Le Calvez [3/1949– 1953] Bar des Cormorans

Joséphine Marblé (1901-1983) x (1933) Nonna le Calvez (1908-1977)

Après le départ de ses locataires, Joséphine Marblé reprit le débit pendant quelques années.

Puis au n°340

Mahé [8/1953-années 1970] Bar des Cormorans

Yves Mahé (1905-1975) surnommé « La Pipe » et son épouse (1947) Marie Durand (1913-1975) prirent la succession de Joséphine Marblé. Le bar était le terminus des cars de la régie des transports, on y achetait les billets pour Pont-l’Abbé ou Quimper.

Puis, toujours au n°340

Crédit mutuel de Bretagne [8/1975 – après 1980 >]

L’agence ouvrit en août 1975, mais la banque tenait déjà une permanence régulière chez Nonna le Calvez, dans la même rue, depuis une dizaine d’années.

Ouest France du 6 août 1975

n° 376

Stéphan Jean Marie, puis Jean Louis [< années 1900-années 1970] « Au Filet bleu »

Louise le Pemp (1867-1959) épouse (1895) de Jean Stéphan (1870-1900), puis (1902) de son frère Jean-Marie Stéphan (1875-1965).

Jean Marie Stéphan, Photo Ouest France du 29 mars 1957

Débit de boisson et vente d’articles de pêche. Le commerce était tenu par Louise le Pemp, Jean Stéphan comme Jean Marie Stéphan étaient marins.

Puis, à partir de février 1933

Jean-Louis Stéphan, le fils des précédents, surnommé « ar Maillard » (1902-1985) et son épouse (1928) Marie-Louise Stéphan (1907-1977)

« Au filet bleu » Photo Godineau (Archives départementales du Finistère, Fonds Godineau (14 fi)

Débit de boisson, avitaillement en conserves et boissons, « bar à loder » (2) (3), il faisait aussi de la vente de matériel de pêche. Jean-Louis Stéphan avait été patron pêcheur, il était surtout armateur de nombreux bateaux.

n° 396

Larnicol [années 1880 – après 1980 >]

Guillaume Larnicol(1855-1893) et son épouse (1876) Marie Tanneau (1856-1911)

Guillaume Larnicol fut d’abord cultivateur. Il fit construire la maison et le four vers 1887. Il disparu en 1893 dans le naufrage de « l’Avantage ». En 1895 sa veuve rajouta une remise et une écurie au commerce.

Puis

Guillaume Larnicol (1886-1943) leur fils et son épouse (1911) Corentine Loussouarn(1898-1958)

Photo parue dans Mouez Penmarc’h, n°133-134

L’ancienne boulangerie fut démolie et reconstruite vers 1951.

Puis

Vincent Larnicol (1925-1980) leur fils et son épouse (1959) Anna Calvez (1925-2009)

Le commerce faisait boulangerie, débit de boisson, épicerie, tissus, mercerie et avitaillement. Les Larnicol avaient établi une relation intime avec le milieu maritime de Saint-Guénolé : ils étaient armateurs, ils accueillaient les équipages pour « loder » (2) (4) et ils prêtaient assez facilement de l’argent pour construire des bateaux, ou même des maisons. Ces prêts se faisaient sur la base de la confiance mutuelle et les Larnicol avaient la réputation de ne pas être trop exigeants sur les délais de remboursement. Par ailleurs ils étaient avitailleurs en pain et en boisson ; presque tous les hauturiers des années 1960-1970 se fournissaient en pain chez eux.

Quelques noms d’ouvriers boulangers nous sont restés : Pierre Diougoant (années 1890), Jean Le Gall (années 1920-1950), Jean le Stervinou (années 1930), Michel le Pape (années 1970)…

Côté ouest de la rue

n°50

Conserverie Roulland [1880-1965]

Voir l’article Roulland (conserverie)

n°111

Hôtel Saint-Guénolé [1892 – après 1980]

Voir l’article Hôtel Saint-Guénolé

n°165

Conserverie Griffon (et al.) [1879-1958]

Voir l’article Griffon (conserverie)

n°207

Kersalé [années 1870 – après 1980>]

Corentin Kersalé (1845-1902) et son épouse (1874) Marie Anne le Boënnec (1846-1918)

Originaire de Plonéour, Corentin Kersalé fut d’abord agriculteur, puis sabotier. Il participa à la Guerre Franco-Allemande de 1870-1871 avec le 64e régiment d’infanterie de ligne. Il fut grièvement blessé et perdit un œil. Le registre matricule le dépeint ainsi : 1m68, cheveux châtain, yeux bleu gris, teint coloré avec des tâches de rousseur. Il ne savait ni lire ni écrire (5).

Corentin Kersalé épousa en 1874 Marie Anne Boënnec, la veuve du tailleur Jacques Briec. Celle-ci tenait déjà un débit de boisson à Kergarien, donnant sur l’actuelle venelle de la Tour carrée. Le couple continua dans un premier temps à exploiter ce commerce puis, voyant le développement des usines à l’Ile Fougère, il décida en 1878 ou 1879 d’installer une auberge sur la dune dans une baraque en bois, à proximité immédiate des conserveries, sur un terrain communal. Cet emplacement donna lieu à une polémique (6), mais Corentin Kersalé, qui bénéficiait du soutien du maire, finit par avoir gain de cause.

 » [Cette auberge]… rend un grand service aux ouvriers des usines voisines qui peuvent y trouver ce qu’ils ne trouvent pas ailleurs : bonne boisson et maison bien tenue (…/…) Les marins eux-mêmes seraient les premiers à se plaindre de la suppression du débit Kersalé qui, par le mauvais temps, leur permet de se reposer avant de reprendre leur rude besogne. Les voyageurs eux-mêmes, et on pourrait en citer des plus honorables, sont les premiers à choisir cette maison (…) »

Conseil municipal du 7 décembre 1879

Puis en 1903

Yves Kersalé (1879-1938), fils des précédents, succéda à son père pendant quelques temps (7).

Puis

Alain Kersalé (1885-1934), époux (1913) de Marie Jeanne l’Helgoualc’h (1891-1965)

Alain Kersalé était le frère cadet d’Yves. C’est son épouse qui prit les rênes du commerce devenu débit épicerie et mercerie. Alain était marin. En 1919 ils purent acheter à la commune le terrain sur lequel leur père avait construit leur maison à la place de la baraque initiale.

L’ancienne maison Kersalé. Carte postale Combier (détail)

Puis

Eugène Kersalé (1921-2010), fils des précédents

Il reprit le débit de boisson à partir de septembre 1952, mais abandonna l’activité mercerie et épicerie. En 1966 il fit démolir la maison pour la remplacer, au même endroit, par un établissement plus adapté, disposant même d’une salle de réunion. Outre le bar, Eugène Kersalé faisait de l’avitaillement en conserves et boissons et « bar à loder » (2) (8).

n° 243

Abri du bateau de sauvetage [1889-1952]

Voir l’article Station de sauvetage en mer

n° 249

Abri du marin [1952-1974]

Voir l’article Abri du marin

Puis au n°249

Crédit maritime mutuel [1976 – après 1980>]

Le crédit maritime acheta le bâtiment de l’abri du marin en 1974 et ouvrit son agence en février 1976. Elle se situait rue Pierre et Jean Dupouy auparavant.

n° 353

Conserverie Ravilly (et al.) [1902-1931]

Voir l’article Ravilly (conserverie)

Puis au n°353

Eugène Jacob – Nonna Le Calvez [années 1940 – ???]

Les mareyeurs Eugène Jacob (1902-1993) et Nonna Le Calvez (1908-1977) s’associèrent à la fin de la guerre pour acheter l’usine Ravilly. Ils tentèrent dans un premier temps de relancer la conserverie, mais sans succès. Les locaux furent partagés et transformés en magasins de marée. Eugène Jacob créa son magasin dans la partie sud de l’ancienne usine et Nonna le Calvez garda la partie nord pour son activité de mareyage. Il devint également propriétaire de l’ancien hôtel Charpentier.

A noter que tous deux possédaient un commerce l’autre côté de la rue (n°302 et n°340).

aux alentours du n°393

Gloaguen [fin des années 1940]

Donatien Gloaguen (1923?-2017)

Cet emplacement fut occupé par un marchand de bonbons après la guerre, puis brièvement par Donatien Gloaguen qui transforma la petite échoppe en pâtisserie. Il était auparavant rue du Port. En 1950 il achètera l’Hôtel de la mer.

n° 399

Hôtel Charpentier [1885-1902]

Voir l’article Hôtel Charpentier.

puis au n°399

Super Coop [1966 – après 1980 ?>]

Cette épicerie en libre-service ouvrit au début de l’été 1966. Elle occupait le rez-de-chaussée de l’ancien hôtel et arborait une grande enseigne « SUPER COOP super prix ».

(1) Le mot Nenes vient du nom breton du village de l’Ile fougère = an Enes raden

(2) Loder : mot breton qui signifie faire les comptes du bateau et partager les bénéfices entre l’armateur et les marins. Ces opérations se faisaient traditionnellement dans les bars.

(3) liste non exhaustive des bateaux qui « lodaient » chez le Maillard : « Ardant », « Didier Danièle », « Filet bleu », « Forban », « Jean Moulin », « Monna Lisa », « Mousse Bihan III », « Nid de rêve », « Nymphe de la mer », « Obélix », « la Poissonnière », « Stephen couz », « Suzette et Monique »…

(4) liste non exhaustive des bateaux qui « lodaient » chez Larnicol : « Abbé Garo », « la Caline », « la Corse », « Entre nous », « Etreom », « Fiancé des mers », « Fils de l’Océan », « Fils de la Tante », « Gars de la pointe », « Gâs de Saint-Gué », « Goustadic », « Gué Bihen », « Jean-Claude Hélène », « Junon », « Ketty et Micou », « Mab ar Viben », « Macareux », « Magicien », « Mousse Bihan Couz », « N’Holl Zent », « Petit comédien », « Reun Couz », « Sant Yann », « Tante Corentine » … Pour les équipages ce type de bistrot était considéré un peu comme une annexe du bateau.

(5) Merci au Centre généalogique du Finistère pour son immense travail sur les registres matricules. https://cgf.bzh/

(6) Le Guen, Gilles .- Penmarc’h… -tome 1 .- p.47

(7) Yves Kersalé fit son service militaire dans la marine en 1899-1903, il participa aux campagnes de Madagascar et de Chine. Rappelé en 1914, il fut blessé à Souain en septembre 1915 et dut être amputé de la cuisse gauche.

(8) liste non exhaustive des bateaux qui « lodaient » chez Kersalé : « L’aiglone » puis « Scoubidou », « Les cinq frères Ademo », « Koroller ar mor » puis « Triskell » et « Koroller II », « Mousse Bihan IV ». Il y avait aussi des côtiers comme « La voix du marin ».

Cette histoire des commerces de la rue Lucien Le Lay a été conçue grâce à de nombreuses sources :

  • les archives départementales : recensements, registres du commerce (séries 1631 W et U Supplément), cadastre, état-civil…
  • les archives municipales de Penmarc’h : registres de délibérations du conseil municipal
  • la presse locale
  • les souvenirs de quelques « anciens », en particulier Joël Stéphan, Martine Kerouédan, Jean Loch, Marie-Thérèse Cadiou et quelques autres que je remercie encore vivement.
  • le Centre généalogique du Finistère https://cgf.bzh/
  • Cette histoire est encore incomplète et comporte sans doute quelques erreurs, j’en suis bien conscient, mais je continue à explorer les archives pour l’améliorer et je compte aussi sur les commentaires des lecteurs pour l’enrichir. D’autre part je suis toujours à la recherche de photos ou de documents sur les commerçants et les magasins.

NB : les petites photos placées sous les numéros de rue proviennent de Google street view.

Ce contenu a été publié dans 5 : De 1870 à nos jours, Chemins, Constructions diverses, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *