Marthe et Jacky

Immatriculation : GV 7600

Construit au chantier Le Gall de Douarnenez, il est lancé en mai 1954, mais il n’arrive à Saint-Guénolé qu’en décembre. Il est immatriculé le 10 décembre 1954.

Caractéristiques : chalutier côtier

  • Longueur : 13,95 m
  • Tonnage : 22,14 tx
  • Moteur Duplex 100 cv, remplacé en février 1956 par un Duvant de 120 cv.
  • Signal distinctif : TPEO
  • Couleur : vert clair et gris.

    s Tél 1955 01 06 - Copie

    « Marthe et Jacky ». Le Télégramme du 6 janvier 1955.

Le « Marthe et Jacky » est construit pour Jacques Scuiller, un des patrons vétérans du port. Il vient remplacer « l’Ancre de Miséricorde« , dont il a conservé la passerelle. Le bateau porte le nom de deux de ses enfants, Jacky, l’aîné et Marthe, la benjamine. En 1957, Jacques Scuiller vend la moitié du bateau à son fils Jacky, qui devient propriétaire unique en mars 1960. Jacky succède aussi à son père comme patron.

Le bateau pratique la pêche côtière, la sardine, le maquereau de dérive, le sonneur à la palangre flottante en 1960 et même le thon en 1955 et 1956.

Le soir du 6 mars 1956, alors qu’il s’apprêtait à embarquer, un de ses marins, Michel Cariou, 33 ans, tombe dans le port et se noie. Quelques semaines plus tard, fin mars, le « Marthe et Jacky » tombe en panne complète de moteur à 120 milles du port, il devra attendre quatre jours avant d’être pris en remorque et ramené au port. Toujours en 1956, le 15 octobre, il retombe en panne à proximité des Pierres noires. A peine a t-il le temps de faire part de son problème à Radio Conquet qu’il se retrouve également en panne de radio. Le chalutier côtier « La Gazelle », parti à sa recherche, le manque de peu en raison de la brume. Ce n’est que le lendemain en fin d’après-midi qu’il est repéré par le gardien du phare des Pierres noires. Dans la nuit du 16 au 17, le bateau de sauvetage du Conquet finit par le retrouver et le remorque jusqu’à Brest. Il retombe à nouveau en panne en mai 1957, il est pris en remorque par « la Barcarolle » de Kérity.

Au cours de la nuit du 1er au 2 février 1959, alors qu’il est sur son corps-mort à quelques dizaines de mètres du quai, le « Marthe et Jacky » est perforé par une ancre. Il fait une voie d’eau et coule. Au matin on n’aperçoit plus que les mats et la passerelle. Malgré les efforts de « La Gazelle », du « Mab Mousse bihan » et du « Jean Pierre Yvon » pour le sortir de sa fâcheuse position, il n’est pas possible de le déséchouer. Finalement c’est le scaphandrier du Guilvinec qui parvient à colmater la brèche. Après avoir été en partie vidé de son eau pendant l’après midi, grâce aux pompiers de Penmarc’h puis de Pont-l’Abbé, le bateau se remet enfin à flotter. Le « Marthe et Jacky » reprendra la mer pour la pêche au maquereau à la fin du mois. Mais début mars il refait parler de lui : il ne donne aucune nouvelle pendant quatre jours alors que la tempête fait rage. Le 7 mars, Radio Conquet parvient finalement à rétablir le contact avec le maquereautier , qui était en panne de phonie.

Le 25 mars 1960, le « Marthe et Jacky », qui était sur son corps mort, est abordé par le « Pen ar beg » qui regagnait le sien après avoir vendu sa pêche. Heurté entre la potence et l’étrave, il doit rester plusieurs jours au port pour faire réparer les dégâts.

Le 20 décembre 1960 vers 2 heures du matin, le « Marthe et Jacky » rentre au port en pleine tempête après 7 heures de route face au vent et à la lame. Après avoir amarré le bateau au « Mab Mousse Bihan », les marins, épuisés, s’endorment. Quelques heures plus tard ils sont brusquement réveillés. Le bateau a rompu ses amarres et vient de s’échouer sur Krugen. Les dégâts sont heureusement minimes et l’après-midi à marée montante, le « Kergarrien » et « En avant » parviennent à le déséchouer.

Lors de la tempête du 11 mars 1963, il rompt à nouveau ses amarres dans le port de Saint-Guénolé. Les dégâts ne sont pas irrémédiables, car  il va naviguer encore un an. Désarmé en février 1964, il est démoli en 1967.

Parmi les marins qui ont fait partie de l’équipage, citons Michel Cariou, François Le Corre, Jean Frochen, Vincent Le Pape. (1)

(1) Ces informations m’ont été communiquées par Roger Scuiller.
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