Ketty et Micou

Immatriculation : GV 7724

Le « Ketty et Micou » est mis en chantier le 2 février 1957. C’est le deuxième bateau construit par le chantier des Charpentiers réunis de Saint-Guénolé. Il est lancé le 13 mai 1957 (1) et son armement est enregistré le 29 juin (2).

Caractéristiques : chalutier thonier

  • Longueur : 16,35 m
  • Tonnage : 49,99 tx
  • Moteur Baudouin DK6 de 120 cv, remplacé par un Poyaud de 240 cv en octobre 1961.
  • Signal distinctif : TQFW
  • Cale réfrigérée : 8,5 m3 (3)
  • Couleur : pavois vert coupé d’un liseré rouge, coque blanche, passerelle blanche.

Le « Ketty et Micou » en chantier. Collection famille Linguanotto.

 

« Ketty et Micou » est armé par un industriel de la région parisienne : Marco Linguanotto. Ketty et Micou sont les surnoms de ses enfants. Alors que la famille se trouvait en vacances à Saint-Guénolé en 1956, M. Gloanec, charcutier, suggéra à Marco Linguanotto d’investir dans la construction d’un chalutier thonier (4). « Ketty et Micou » est le premier d’une série de six chalutiers thoniers qui seront construits ou rachetés par la famille Linguanotto entre 1957 et 1960, constituant ainsi l’armement le plus important du port durant les années soixante (5). Le commandement, qui dans un premier temps devait revenir à Elie Gueguen, le patron du « Mireille », est finalement confié à Albert Stéphan.

Le « Ketty et Micou ». Photo Le Doaré n° 3339 (détail)

« Ketty et Micou » commence sa carrière de chalutier hauturier sur les chapeaux de roues, il réalise avec 6,4 tonnes de moyenne par marée, le meilleur résultat du port en 1958 a égalité avec « La Chaumière du pêcheur » et « Ar Woaléden ». En 1959, ses performances s’effritent juste un peu et à partir de 1960 il ne se distingue déjà plus de la moyenne des bateaux de Saint-Guénolé. Etonnamment, il excelle à nouveau en 1964, sa meilleure année, atteignant une moyenne de 6,7 t. qui le place au 4ème rang de la flottille. Il faut dire qu’il réalise en mai 64 une marée exceptionnelle de 14,4 tonnes, une des plus forte pêches des années 50-60. Il atteint même la barre des 100 tonnes sur l’ensemble de l’année 1964. S’il enchaîne avec une bonne année 1965, l’année 1966 est juste moyenne et les années suivantes s’avèrent décevantes. En 1966, Albert Stéphan est remplacé par Joseph le Lay et le bateau quitte un temps Saint-Guénolé pour Loctudy. Après quelques mois d’inactivité pendant le premier semestre 1967, « Ketty et Micou » revient à Saint-Guénolé pour le début de la campagne thonière sous la responsabilité de Louis Le Pemp, tout jeune patron dont c’est le premier commandement.

Tonnage moyen par marée de chalut (6)

Au thon, « Ketty et Micou » ne brille pas particulièrement, d’ailleurs il délaisse cette pêche une première fois en 1961, puis de 1963 à 1966. Il fait alors partie des rares bateaux qui consacrent toute leur année au chalut. Paradoxalement, c’est en fin de carrière, en 1967, qu’il réalise sa meilleure saison thonière.

Lors de sa première saison de thon, en octobre 1957, le « Ketty et Micou » est contraint de rentrer d’urgence, un de ses matelots, Alain Boënnec, ayant chuté à bord et s’étant brisé le fémur.

Dans la nuit du 6 au 7 mars 1962 « Ketty et Micou »  tente de sauver le chalutier « ar Paod Tin » en le prenant en remorque par un temps glacial sur une mer bien formée. Mais il ne pourra pas éviter le naufrage.

Pendant la nuit du 25 au 26 avril 1970, il tombe en panne au large d’Ouessant. Pris en remorque par « le Résolu », il est ramené au port sans encombres.

Quelques mois plus tard, en septembre, il est vendu à Arcachon où il est rebaptisé « Redoutable ». Revendu en 1975, il devient le « Kado ». En 1976 il pratique le chalutage en bœuf avec « l’Eridan ». Après je perds sa trace, je n’ai pas retrouvé la date ni les circonstances de sa sortie de flotte.

(1) Le lancement s’avère compliqué : le bateau ne trouve pas une hauteur d’eau suffisante pour flotter et s’immobilise sur la glissière. Il faut attendre la marée haute du lendemain pour terminer l’opération.
(2) Coût de construction : 150 000 F (sans le matériel de pêche)
(3) Ce volume de cale, indiqué sur la fiche matricule du bateau, est erroné ; au moment du lancement, la presse locale parle de 20 à 25 m3 (Le Télégramme du 14 mai 1957).
(4) Merci aux membres de la famille Linguanotto pour leur aide précieuse : Catherine Nadalet (« Ketty »), Nathalie Petchot et Jean-Claude Linguanotto.
(5) Un septième bateau sera construit en 1965 : « le Résolu ».
(6) Statistiques établies d’après les données fournies par le mensuel « la pêche maritime », l’hebdomadaire « Le marin » et les quotidiens « Ouest France » et « Le Télégramme ». Elles portent seulement sur le chalutage hauturier. L’année 1967 n’est pas prise en compte car le nombre de marées s’avère insuffisant pour donner un résultat significatif.

 

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Une réponse à Ketty et Micou

  1. Franck Le Lay - Balenci dit :

    bonjour
    « Ketty et Micou » J’ entendais autrefois, ces deux prénoms à travers le poste de radio, lorsque Radio Conquet donnait des nouvelles des bateaux de pêche aux familles, lors des vacations quotidiennes.
    Je me doutais bien que c’ était le prénom de 2 enfants, mais je ne savais pas à l’ époque à quoi ils correspondaient
    Cette photo rappelle que les chaluts à l’ époque étaient suspendus entre les 2 mats pour sécher, du fait qu’ ils étaient en chanvre. Lorsqu ‘ils furent remplacés par des chaluts synthétiques, ils étaient crochés sur le bastingage entre les deux potences.

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