Delaunay, Robert (1885-1941)

Autoportrait en 1906. Musée national d’art moderne.

Peintre

Robert Victor Félix Delaunay est né dans une famille bourgeoise le 12 avril 1885 à Paris. Après le divorce de ses parents en 1894, il est élevé par une sœur de sa mère, Marie de Rose et son mari Charles Damour.

Il quitte le lycée à 17 ans et entre dans l’atelier du décorateur de théâtre Eugène Ronsin.

En 1904 et 1905, Robert Delaunay réalise ses premières peintures : des paysages et des fleurs de facture néo-impressionniste et fauve.

En 1906, il participe au Salon des indépendants. A partir de 1907, il fréquente Fernand Léger et d’autres jeunes artistes cherchant un art nouveau. Il rencontre Sonia Stern en 1909 et ils se marient en novembre 1910. Avec sa femme, Sonia Delaunay, et quelques autres, il est le fondateur et le principal artisan d’une des branches du cubisme, le mouvement orphique.

Robert Delaunay fait partie d’une génération d’avant-garde, particulièrement prolifique sur le plan artistique entre 1912 et 1914. Il est très lié avec les poètes Apollinaire, Cendrars, les peintres Kandinsky, Michel Larionov, August Macke, Franz Marc. Il est considéré à cette époque comme le peintre le plus influent, avec Pablo Picasso.

Après la guerre, il se lie d’amitié avec les artistes du mouvement surréaliste, dont il réalise plusieurs portraits, sans pour autant adopter leurs points de vue et leurs visions artistiques. Il aura notamment une amitié forte et durable avec le poète Tristan Tzara.

En 1940, il fuit l’avancée nazie en se réfugiant à Montpellier auprès de Joseph Delteil. Il meurt le 25 octobre 1941 à Montpellier.

« En raison de sa polyvalence et de ses nombreux apports à l’art contemporain, autant plastique que théorique, il est considéré comme l’un des artistes les plus influents du 20e siècle. » (1)

Robert Delaunay et Saint-Guénolé

Delaunay vient pour la première fois avec sa tante à Saint-Guénolé en été 1903, ils séjournent à l’hôtel des Goélands. Ils reviennent en été 1904 et 1905. A Saint-Guénolé, Delaunay rencontre Jean-Julien Lemordant, cette fréquentation va influencer ses premières œuvres. En 1905, Delaunay prolonge probablement son séjour jusqu’en octobre (où alors il revient en octobre), en effet il figure parmi les témoins du mariage à Penmarc’h de Thomas le Calvez, marin et Marie Corentine le Compes, brodeuse. Les témoins sont Emile Bickel, hôtelier, Alain le Floch, Julien Le Mordant (artiste peintre) et Robert Delaunay (artiste peintre).

Les sources d’inspiration de Delaunay sont diverses : goémonières, fêtes et pardons, marché, rochers, Tour carrée… J’ai retrouvé une dizaine de tableaux représentant Saint-Guénolé.

La tour carrée

Le tableau représente une messe en plein air sous la pluie, un jour de pardon à la Tour carrée. Une photo contemporaine de Paul Dopff montre la même scène (2) :

Bretonne et enfant devant un paysage (1905), huile sur toile, Musée des beaux-arts de Quimper

Ce sentier correspond probablement à l’actuelle rue des Bécassines. On reconnaît en arrière plan la Tour carrée avec à droite les premières maisons de la venelle Jean Charcot.

Bretonne portant du pain. Huile sur toile, collection particulière.

Cette jeune bigoudène sort de la boulangerie Auffret, qu’on voit en arrière plan. Le quartier du Nénes sert déjà de lieu de rencontre pour les marins. (La boulangerie Auffret deviendra plus tard le Bar du port, maison Raphalen).

« La fête au pays »

La scène représente le nord de l’actuelle rue Lucien-le Lay. A gauche on a l’usine Chancerelle, on voit la cheminée de l’usine Tirot en arrière plan, et plus près la boulangerie Auffret. On retrouve ces bâtiments sur cette photo de 1924, prise après le raz de marée ; l’usine Chancerelle est devenue l’usine Ravilly.

Ce rocher se situe à l’ouest de Poulbriel. On distingue l’ilot rocheux de basse Poull et au loin les dunes de la baie d’Audierne.

Autres œuvres à Saint-Guénolé :

  • Bretonne (1904)
  • Brûleuses de goémon (1905-1906), huile sur toile, coll. Musée des Beaux-arts de Quimper
  • Crique rocheuse (1905)
  • Ecarteuse de goémon (1906)
  • Eglise, Bretagne (1905) (représente la Tour carrée)
  • Le marché breton (1905), huile sur toile. (A ne pas confondre avec « Le marché, paysage de Bretagne » conservé au Centre Pompidou, qui représente le pardon de Tronoën).
  • La mer (1905), huile sur toile. coll. Musée national d’art moderne, Centre Pompidou.

Sources

Cariou, André .- Le Pays bigouden vu par les peintres .- pp 88-90

Wikipédia

(1) https://www.guide-artistique.com

(2) Collection Dopff, ville de Penmarc’h

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