Veach vad

Immatriculation : GV 6557

Construit au Guilvinec, il est armé le 27 février 1939.

Caractéristiques : dundee mixte

  • Tonnage : 32,98 tx
  • Moteur CLM de 100 cv

Veach vad signifie bon voyage. Le bateau est la propriété à parts égales de son patron, Sébastien Briec et de François Mordelet. Sébastien Briec commandait auparavant le « Sans gêne » (GV5643). En 1942, Mordelet cède la moitié de sa part à Paul Lederlin, le propriétaire du château des Goélands.

Le « Veach vad » est le plus gros bateau du port. Il pratique essentiellement le chalut.

Pendant l’Occupation, il fait preuve d’un comportement très paradoxal. Il vend à Saint-Nazaire ou à Nantes, où une partie de sa pêche est achetée par les Allemands de la Gast de Nantes et de la Kommandantur d’Angers. Il reçoit d’importantes quantités de carburant des autorités allemandes. (1)

Dans le même temps il travaille pour la Résistance. Sa mission la plus connue se déroule le 31 octobre 1941. A Concarneau, le « Veach vad » prend à son bord quatre résistants (2), qu’il cache dans la glacière. Heureusement que les deux soldats chargés de la visite des bateaux avant les départs en mer se contentent de fouiller le poste arrière et le poste avant, mais n’exigent pas d’inspecter la glacière. Le bateau se rend alors au large des Glénan où, après une longue attente, il transfère les quatre hommes sur le sous-marin anglais « Sea Lion ». (3)

Dessin de Sébastien Briec, fils (4)


Au printemps 1941, le « Veach vad » perd son hélice dans les parages des Pierres noires. Il lui faudra attendre six mois pour la remplacer.

Début octobre 1942, le « Veach vad » est commandé par Jacques Scuiller, qui remplace Sébastien Briec, resté à terre pour raison de santé.  Après avoir chaluté pendant sept jours en vue de Penmarc’h, il fait route vers l’estuaire de la Loire pour vendre sa pêche, mais au matin du 5 octobre, trompé par la brume, il fait naufrage dans la baie de Donnant à Belle-Ile.

Le drame fait quatre victimes : François Calvez, 52 ans, de Saint-Pierre, Corentin Drézen, 39 ans, de Saint-Guénolé, Henri Tanneau, 36 ans, de Saint-Guénolé et Albert Stéphan, 27 ans, de Saint-Pierre. Il y a sept rescapés : Jacques Scuiller, le patron, Sébastien Briec, le mousse, fils du patron habituel, Louis Guirriec, Joseph Kérisit, Guillaume Montfort, Félix Peigné et Pierre Marie Pochat.

En juin 1949, Jacques Scuiller revient sur son rapport de mer de 1942, affirmant que le bateau a fait naufrage au cours d’une mission clandestine (5).

(1) Fichou, Jean-Christophe .- Les pêcheurs bretons durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) .- Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2009 .- page 180

(2) Robert Alaterre, chef du réseau Johnny, qui rentrait après neuf mois de mission en France, Jean Lavalou, pharmacien Du Guilvinec, très actif dans la résistance, Rolland Hascoët et Paul Vourc’h, tous trois recherchés par les Allemands.

(3) Résumé du récit de Sébastien Briec recueilli par Auguste Dupouy dans le Télégramme du 1er septembre 1946.

(4) Site Français libres : http://www.francaislibres.net

(5) Archives départementales, 2054 W 1

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