Locarec

Immatriculation : GV 7854, puis GV 317508

Construit au chantier des Charpentiers réunis de Saint-Guénolé, il est lancé fin juin 1959 ; son armement est enregistré le 4 juillet 1959 (1).

Caractéristiques : chalutier thonier

  • Longueur : 16,62 m
  • Tonnage : 47,31 tx
  • Moteur Baudouin DP8 de 200 cv, puis de 240 cv, puis de 280 cv (205 kw)
  • Signal distinctif : TOSL
  • Cale réfrigérée : 38,5 m3
  • Couleur : pavois bleu clair, liseré rouge, coque blanche, puis pavois vert foncé, liseré rouge, coque vert clair.
  • Passerelle en bois à l’origine, puis passerelle métallique.

Le « Locarec » au port du Guilvinec, début des années 60. Photo François Le Coadou (détail)

 

« Locarec » appartient à Ferdinand Criquet (70% des parts) et à son patron Roland Durand (30%). En septembre 1971 la répartition des parts évolue, Roland Durand devient majoritaire avec 55%, Ferdinand Criquet gardant 45 %. Le nom du bateau évoque l’îlot rocheux situé à l’entrée du port de Kérity. Ce bateau se caractérise par une carrière exceptionnellement longue à Saint-Guénolé.

Au chalut, après des débuts laborieux, « Locarec » se hisse pendant plusieurs années au-dessus de la moyenne des bateaux de Saint-Guénolé. Mais les résultats du bateau décrochent dès 1965.

A partir d’avril 1962, il vend très souvent sa pêche à Douarnenez. Ce n’est qu’à l’ouverture de la criée de Saint-Guénolé en 1969 qu’il cesse de fréquenter ce port. Cependant c’est à Concarneau qu’il débarque sa meilleure marée: 14,560 t. de poissons et de langoustines le 6 novembre 1961. Jamais un chalutier de Saint-Guénolé n’avait atteint ce chiffre et il faudra attendre plus de dix ans pour qu’il soit battu.

Tonnage moyen par marée de chalut (2)

Au thon, « Locarec » réussit une bonne année 1960, dépassant les 7000 prises dans la saison. Sa meilleure marée date de juillet 1965 avec 2950 thons. Cependant Roland Durand renonce à cette pêche à partir de 1967, pour consacrer toute son année au chalut.

Les premiers mois de mer du bateau sont émaillés par plusieurs incidents, certains auraient même pu tourner au drame. Le 17 octobre 1959, il a la lisse enfoncée dans le port de Saint-Guénolé pendant une forte tempête de sud-suroît. Le 7 novembre 1959, alors qu’il faisait route terre en compagnie du « Gabrielle Maryvonne » il doit affronter une véritable tourmente dans les parages d’Ar-Men, avec des rafales à 135 km/h. Les deux chalutiers parviennent heureusement à rentrer à Concarneau. Dans la nuit du 4 mars 1960, il  talonne une roche à l’entrée du port et brise son talon de quille. Le 13 avril 1961, il remonte dans son chalut, au prix d’efforts surhumains de l’équipage, une ancre de 2,5 t. ayant appartenu selon toute vraisemblance à un cargo.

Sa fin de carrière est également marquée par plusieurs évènements : en septembre 1978, Hyacinthe Morvan, 49 ans, un de ses matelots, se noie dans le port en regagnant le bateau. Le 12 décembre de la même année pris dans une tempête soudaine, il parvient à rentrer au port malgré les conditions extrêmement difficiles. Autre grosse tempête le 21 janvier 1980, qui l’oblige à mettre à la cape en baie d’Audierne en attendant de pouvoir rentrer au port de Saint-Guénolé.

Signalons encore qu’en août 1979, lors de l’ouragan qui décima la course à la voile de la Fastnet, le « Locarec » a retrouvé un voilier vide qu’il a ramené à Newlyn.

« Locarec » fait aussi partie des nombreux bateaux de Saint-Guénolé arraisonnés par la Marine britannique pour des problèmes de maillage de chalut à partir de 1977. Pour lui ça s’est passé le 12 janvier 1980 ; arraisonné sur le banc de Smalls en compagnie du « Petit poisson » de Loctudy, il est sommé de se rendre au port de Milford Haven. Là, après jugement, Roland Durand doit s’acquitter d’une amende de 350 Livres (3150 F environ).

Le « Locarec » est vendu à Cannes en octobre 1983.

Ils ont fait partie de l’équipage : Jean-Claude Balch , Pierrot Berrou , Robert Berrou , Pierre le Brun, Joseph Kerdranvat, Rémi Lucas, Hyacinthe Morvan.

Le « Locarec » dans les années 70.

 

 

(1) Coût de construction : 162 000 F (sans le matériel de pêche)
(2) Statistiques établies d’après les données fournies par le mensuel « la pêche maritime », l’hebdomadaire « Le marin » et les quotidiens « Ouest France » et « Le Télégramme ». Elles portent seulement sur le chalutage hauturier et concernent uniquement les quantités débarquées. La qualité des langoustines et du poisson mis en vente  joue aussi un rôle crucial dans le prix de vente, mais elle  n’a malheureusement pas pu être prise en compte ici. Les chiffres de l’année 1973 et des années suivantes ne sont pas encore analysés ; le tableau sera complété petit à petit.
 

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