Aimé Jean Louis

Immatriculation : GV 7236

Construit au Guilvinec, il est francisé le 16 mars 1949 ; son armement est enregistré le 21 mars.

Caractéristiques : chalutier thonier

  • Longueur : 16,46 m
  • Tonnage : 34,93 tx
  • Moteur CLM 100 cv, puis Baudouin 120 cv.
  • Signal distinctif : TOZA
  • Couleur : vert et blanc, liseré rouge, passerelle blanche.

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« Aimé Jean Louis » appartient à l’armement Rolland. Aimé, Jean et Louis sont les prénoms de trois des garçons de Jean-Louis Rolland. Jean-Albert Rolland détient 1/5ème des parts du bateau, le reste appartient à Jean-Louis Rolland, puis à sa veuve à partir de juin 1950. Madame veuve Rolland devient propriétaire unique en juin 1958. Le commandement est d’abord confié à Jean Rolland, fils de Jean-Louis, auquel succèdera plus tard son beau-frère Henri Le Gall.
« Aimé Jean Louis » fait partie d’une nouvelle génération de chalutiers. Avec le « Notre-Dame de la Joie » qui l’a précédé de quelques semaines, c’est le plus gros bateau du port.
Comme la plupart des bateaux de l’époque il se consacre au chalut et aux pêches saisonnières du maquereau et du thon, il fait d’ailleurs partie des premiers thoniers du port, dès 1949 . Il fait le maquereau chaque année jusqu’en 1958 (sauf en 1951). Parmi ses meilleures pêches, on peut citer ses 21 tonnes en mars 1949, pêchées lors de son premier voyage où encore ce fantastique mois d’avril 1953 où il capture 16,5 tonnes de maquereaux, repart rapidement et revient après trois nuits de pêche seulement, avec 18 tonnes. En mars 1954 il atteint à nouveau les 20 tonnes, mais à la marée suivante, il perd les trois-quart de ses filets. Il pêche encore 42 tonnes de maquereaux en deux voyages en mars 1955, cette saison là il dépasse la barre des 100 tonnes. Il bat son record en mars 1957 avec 22 tonnes. En 1957 il fait encore partie des meilleurs bateaux du port pour le maquereau, en atteignant la barre des 70 tonnes annuelles

Au thon, on peut retenir ses 1900 thons en août 1954.

Le 2 octobre 1952, il parvient à passer une remorque à « l’Arche d’alliance » qui, en panne de moteur, dérivait depuis trois jours en pleine bourrasque.
Le 16 mai 1955, à 45 milles au nord-ouest de Penmarc’h, dans la tempête, « Aimé Jean Louis » est victime d’une voie d’eau et perd un marin, Jean-Marie Coupa, tombé à la mer dans un coup de roulis. Le « Reine des Cormorans » qui l’accompagnait, essaye de manœuvrer pour le récupérer. Son patron, Albert Boënnec, se risque même, au péril de sa vie, à plonger pour le sauver, mais sans succès. « Aimé Jean Louis », en grande difficulté, est raccompagné au port par le bateau de sauvetage « Capitaine de vaisseau Richard » et plusieurs bateaux de pêche venus à sa rencontre. Le 2 octobre 1955, il heurte une épave flottante et casse deux des pales de son hélice, il doit se faire prendre en remorque par un autre thonier pour rentrer au port.(1)

23 mars 1961 : « Aimé Jean Louis » tombe en panne de moteur dans la nuit, à 28 milles de Longships (Cornouailles GB) et lance un appel de détresse. Il est repéré au petit matin par un bateau de la Royal Navy, qui le remorque jusqu’à Newlyn.
Le 12 juillet 1961, alors qu’il rentrait d’un voyage de thon, il est pris dans une effroyable tempête et fait naufrage. Il y avait sept marins à bord. Deux thoniers vendéens qui faisaient route terre avec lui disparaissent également. Depuis 1948, il n’y avait pas eu de tempête aussi violente.
Ce drame est le premier d’une longue série qui va toucher Saint-Guénolé, port jusqu’alors relativement épargné depuis la Guerre. Les sept victimes sont : Raymond Coïc, André Keribin (mousse), Alfred L’Helgouac’h, Lucien Le Corre, Henri Le Gall (patron), Sébastien Le Gall  et Thomas Lucas.

Ils ont aussi fait partie de l’équipage entre 1949 et 1961 : André Bodéré, Jean-Marie Coupa, Thomas Loussouarn, Albert Normand.

(1) Voir ci-dessous le rapport de mer de Laurent Tanniou, patron remplaçant.

 

 

Rapport de mer de Laurent Tanniou sur l’accident du 16 mai 1955. Archives départementales du Finistère, 2054 W 2 :

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