Abbé Garo

Immatriculation : GV 7652, puis CN 332064

Construit au chantier Pierre Gléhen du Guilvinec il est lancé en décembre 1955.

Caractéristiques : chalutier thonier

  • Longueur : 15,95 m
  • Tonnage : 40,66 tx
  • Moteur Baudouin de 120 cv, remplacé en février 1961 par un Baudouin DNK de 160 CV
  • Couleur : d’abord blanc avec un liseré rouge, puis pavois vert coupé par un liseré rouge, coque blanche.
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Carte postale Jean n°227353 (détail)

 

« Abbé Garo » appartient à Alain Boënnec. Le nom a été choisi en hommage à l’abbé Yves Garo (1919-1955), vicaire de Saint-Guénolé de 1944 à 1952, mort accidentellement en juin 1955. Généralement c’est Alain Boënnec qui commande le bateau, surtout les premières années, mais il laisse souvent la barre à ses fils : Jean-Julien ou Ambroise.

« Abbé Garo » n’adopte pas d’emblée un programme de chalutier thonier classique. Il pratique la pêche au maquereau de dérive en fin d’hiver et au printemps de 1956 à 1958, puis il pêche le thon en été et en début d’automne, et le reste de l’année il chalute au « sud ». En juin 1961, avec quelques autres bateaux de Saint-Guénolé, il tente une expérience de pêche au sonneur à la palangre flottante.

En 1957, il fait partie des meilleurs bateaux du port pour le maquereau, en dépassant la barre des 70 tonnes annuelles. Ses premiers voyages hauturiers datent du printemps 1958 après une campagne de maquereau écourtée. Même après 1960 il continue à alterner voyages au nord et voyages au sud, en particulier pendant la mauvaise saison. Ses moyennes annuelles au chalut restent inférieures aux moyennes des hauturiers de Saint-Guénolé.

Tonnage moyen par marée de chalut (certaines années le bateau n’a pas effectué suffisamment de marées hauturières pour donner un résultat significatif) (1).

Le 13 novembre 1959, au cours d’une marée de chalut à Smalls, le bateau se trouve pris dans une très forte tempête et se retrouve bientôt dans une situation dramatique, la catastrophe est évitée d’extrême justesse. Le rapport de mer rédigé par le patron Jean Julien Boënnec en rend compte en détail. Il est publié in-extenso à la fin de cet article.

Le 29 décembre 1962 il tombe en panne d’électricité et de moteur à 5 milles dans l’ouest d’Ouessant. Le 30 à 3 heures du matin il est pris en remorque par le « Commandant-François-Morin », le canot de sauvetage d’Ouessant et conduit au port de Lampaul-Plouarzel.

Il se retrouve en panne de moteur en avril 1963, il est alors pris en remorque jusqu’à Concarneau par le « Bajyma » et « la Chaumière du pêcheur ».

En novembre 1965 il est victime d’une forte avarie au port de Kinsale, alors qu’il s’abritait de la tempête.

En 1968 il fait le thon avec un équipage concarnois, puis il est désarmé en octobre. En 1969, il est à nouveau uniquement armé pour la campagne thonière à Concarneau. En fin d’année 1969, « Abbé Garo » est vendu à Port-en-Bessin où il va pratiquer la pêche côtière et la pêche aux coquilles (2). Il est détruit le 17 décembre 1991 dans le cadre du plan Mellick et coulé dans le port d’Arromanches (3).

Parmi les marins qui ont fait partie de l’équipage de « l’Abbé Garo » au fil des années, j’ai retrouvé les noms suivants : Alexis Boënnec, Jean-Pierre Carrot, José Coïc, Yvon Coïc, Marcel Cossec, Ferdinand Drézen, François Drézen, Alexandre Gallo, Auguste Guichaoua, Amédée L’Helgouarc’h, Pierre Hélias, Célestin Le Lay, Jean-Louis Le Lay, Joseph le Lay, Eugène Monfort, Jean-Marie Monfort, Jean Salaun, Michel Salaun, Alain Stéphan, Denis Stéphan, Jean-Louis Stéphan, Jean-Pierre Stéphan, Alain Tymen.

 

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L’équipage de l’Abbé Garo pour la campagne du maquereau 1955 (4). Photo parue dans Mouez Penmarc’h.

(1) Statistiques établies d’après les données fournies par le mensuel « la pêche maritime », l’hebdomadaire « Le marin » et les quotidiens « Ouest France » et « Le Télégramme ». Elles portent seulement sur le chalutage hauturier.
(2) Il arrive à Port-en-Bessin le 25 novembre 1969.
(3) Informations trouvées sur le site de l’association La jolie brise.
(4) De gauche à droite, en bas : Pierre Hélias, Joseph Le Lay, Joseph Coïc, Marcel Cossec,  Eugène Monfort, Alain Tymen, Alain Boënnec,  ???, Ferdinand Drezen. En haut : Alexis Boënnec, Jean Salaün (un peu en avant), Alain Stéphan, Alexandre Gallo, Jean-Louis Le Lay, José Coïc.

 

Rapport de mer du patron de « l’Abbé Garo » (novembre 1959) :

page-02page-03page-04page-05page-06Merci à Alain Boënnec, fils de Pierre-Jean Boënnec,  de m’avoir communiqué ce document exceptionnel, rédigé par son cousin Jean Julien Boënnec.

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2 réponses à Abbé Garo

  1. lydie Boennec dit :

    bonsoir,
    on vient de m’avertir que le rapport de mer qu’a rédigé mon père Jean Julien Boënnec se trouve édité sur internet. Je trouve qu’il aurait été judicieux de demander l’avis de ces enfants et de son épouse avant de le publier. qui plus est Alain Boënnec aurait du demander l’avis de ma mère avant de vous le transmettre.

  2. admin dit :

    Bonsoir

    Alain Boënnec m’a proposé une copie de ce rapport de mer qu’il tient de son père. Je l’ai mise en ligne car il n’est pas sujet à polémiques et n’offense personne. Bien au contraire il met en avant les conditions de vie des marins de l’époque et leur courage exceptionnel. Il est tout à l’honneur de votre père. Je ne pouvais pas imaginer qu’il existait un désaccord sur cette diffusion au sein de votre famille ; l’autorisation d’Alain Boënnec me paraissait amplement suffisante pour ce genre de document. Toutefois si vous le souhaitez vraiment, je peux le supprimer.

    Cordialement

    C. Cadiou

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