Simon, Lucien (1861-1945)

Peintre, aquarelliste, dessinateur et lithographe.

Lucien Joseph Simon naît à Paris le 18 juillet 1861, dans une famille bourgeoise. Il fait ses études à Paris au lycée Louis-le-Grand. De 1880 à 1883, il suit les cours de l’Académie Julian. Il débute au Salon des artistes français de 1881 et expose au Salon de la Société nationale des beaux-arts. Il vend ses premières toiles à des collectionneurs étrangers, puis à l’État à partir de 1895

En 1891, il épouse Jeanne Dauchez, sœur du peintre André Dauchez, elle-même peintre. Cette même année 1891, il rencontre Charles Cottet. C’est à cette époque que Lucien Simon découvre la Bretagne. Il y achète un sémaphore désaffecté à Sainte-Marine qu’il aménage en maison de vacances pour sa famille et en atelier de peinture en 1902, ce qui lui permet de peindre ses toiles sur place.

Les années 1900-1920 marquent l’apogée de la carrière de Lucien Simon. Sa renommée l’amène à beaucoup voyager et il participe à plusieurs expositions internationales (Londres, Venise, Pittsburgh). L’État lui achète des toiles, tout comme des musées et des collectionneurs étrangers renommés

Il fait partie, avec Charles Cottet, Émile-René Ménard, André Dauchez et René-Xavier Prinet, du groupe des peintres surnommé « La Bande noire » par la critique, sans doute par opposition aux toiles claires des impressionnistes.

Après la Première Guerre mondiale, Lucien Simon est un peintre reconnu qui peint les foules des pardons et des bals populaires avec une palette de plus en plus colorée

 Il est élu à l’Académie des beaux-arts le 5 mars 1927 et est nommé l’année suivante membre du conseil supérieur des musées nationaux. On le nomme peintre officiel de la Marine en 1933.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se retire à Sainte-Marine où il se consacre pleinement à des sujets bretons. Il peint les paysages de l’Odet, la vie quotidienne des marins et des paysans.

Lucien Simon meurt le 13 octobre 1945 à Sainte-Marine. Il est enterré au cimetière de Combrit.

Lucien Simon et Saint-Guénolé

Lucien Simon a découvert Saint-Guénolé dès les années 1890. Il y reviendra régulièrement jusqu’aux années 1940.

 «Lorsqu’il a vu Penmarc’h pour la première fois il a été ému jusqu’aux larmes. Il ne pense pourtant pas s’y installer pour une période plus longue, le lieu est trop triste pour ses nerfs. Il n’y a jamais passé plus d’une nuit», rapporte Stefan Popescu dans des notes prises en septembre1904 (1).

Lucien Simon fait partie des peintres les plus importants de Saint-Guénolé, mais s’il est conquis par « le bleu tendre des ciels, l’or gris des terrains ras » (2) il ne cherche pas toujours à représenter fidèlement la réalité et n’hésite pas, par exemple, à peindre le manoir de Kerousi (Kérity) face à la Tour carrée pour son tableau « Les lutteurs à mains plates ».

Il est difficile de recenser de manière exhaustive les œuvres réalisées à Saint-Guénolé, voici celles que j’ai repérées :


Bretonnes au bord de la plage.

Réalisée entre les deux guerres d’après la hauteur des coiffes, cette huile sur papier montre des bigoudènes en train de faire du « picot » pendant que le goémon brûle dans un four à soude. La scène se passe sur le littoral nord de Saint-Guénolé (on reconnaît au loin les dunes blanches de la baie d’Audierne), peut-être au Viben ou à Pors Carn.


Coup de vent à Penmarc’h(1902), Musée Pouchkine, Moscou

Les lutteurs à mains plates, Penmarc’h (1898), Musée des beaux-arts de Brest (3)

La moisson en Bretagne

La scène est difficile à localiser avec précision, mais on distingue nettement la Tour carrée au loin.


Procession à Penmarc’h (1900), Musée d’Orsay

Pour l’anecdote, ce tableau a été reproduit en timbre-poste en Sierra Léone en 2016. (4)


Sardinerie à Saint-Guénolé

Ce tableau représente le port et l’anse de Poul an Triou. Cette oeuvre est intéressante pour sa lumière et pour ses personnages : marins et ouvrières d’usine sont saisis dans un moment d’attente, peut-être la fameuse pause du « quart d’heure de quatre heures », mais là encore on est loin d’une description fidèle du site : la rambarde du port n’a jamais existé et la conserverie au fond est un mélange de bâtiments inspirés par les usines Ravilly et Griffon et par l’hôtel Charpentier.

Sources

peintres-officiels-de-la-marine.com (la première partie de ce texte est un résumé de la biographie disponible sur ce site).

Cariou, André .- Lucien Simon .- Plomelin : Palantines, 2002

(1)Musée départemental breton, Quimper .- Peintres roumains en Bretagne : 1880-1930 .- Plomelin : Palantines, 2009.

(2) Simon, Lucien .- Notes manuscrites (Citation extraite de : Cariou, André .- Le Pays bigouden vu par les peintres)

(3) Il existe au moins deux versions de ce tableau.

(4) Collection Jean-Luc Guillou

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