Mousse Bihan III

Immatriculation : GV 6996

Construit à Léchiagat, il est francisé le 13 novembre 1944

Le « Mousse Bihan III », carte postale Artaud (détail)

Caractéristiques : chalutier thonier

  • Longueur : 15,67 m
  • Tonnage : 28,63 tx
  • Moteur Baudouin 75 cv, remplacé en 1946 ou 1947 par un Baudouin de 90 cv
  • Signal distinctif : TOBZ
  • Pavois vert foncé, liseré blanc, coque vert plus clair.

Il est construit pour l’armement Yves Edelin – Joseph Bariou. Yves Edelin est le gérant de l’usine Cassegrain de Saint-Guénolé et Joseph Bariou est le fils de Pierre-Jean (1883-1941) le fameux patron du canot de sauvetage de Saint-Guénolé. Joseph Bariou devient l’unique propriétaire dès décembre 1947, il le demeure jusqu’en juin 1954, date à laquelle il cède le bateau à Toussaint Bourdon. Il le reprend en juin 1955 et le conserve jusqu’à sa sortie de flotte.

En 1945 Joseph Bariou est engagé auprès des FFI et ne peut pas assurer le commandement du bateau, c’est François Hélias qui le remplace jusqu’en décembre. En 1954-1955 : pendant un an c’est Toussaint Bourdon son armateur éphémère qui est le patron. En 1957 Pierre Boënnec prend le commandement, mais en 1958 on retrouve Joseph Bariou comme patron pour la dernière année d’exploitation du « Mousse Bihan III ».

Parmi les membres de l’équipage on peut citer Henri Bourdon, Pierrot l’Helgouarch, Le Lay, Marcel Peigné, André Péoch…

Le « Mousse Bihan III » a la particularité d’être équipé d’un compas allemand, récupéré sur une épave à la fin de la guerre(1). Il fait partie des bateaux innovants qui ont fortement contribué au développement du port après la guerre. C’est le premier bateau de Saint-Guénolé à chaluter en mer d’Irlande dès 1946, il fait aussi partie des pionniers du port pour la pêche au thon. Le 18 décembre 1946, il n’est pas en mer d’Irlande, mais à 36 milles dans le sud-ouest de Penmarc’h, lorsqu’il perd son hélice. Après avoir vainement tenté de rentrer à la voile, le « Mousse Bihan III » est finalement pris en remorque par le « Jean Jeannette » de Lorient et ramené à Saint-Guénolé le 20 décembre.

En hiver 1948, il participe à la première campagne du hareng en mer du Nord, il sera un des seuls à persévérer les années suivantes. En été de la même année, avec cinq autres bateaux de Saint-Guénolé, il repart vers Boulogne pour pêcher le maquereau.

Pendant la tempête de mars 1950, il vient assister le maquereautier « Poncelet » qu’il raccompagne jusqu’au Guilvinec.

En été 1950, il tente avec le « Mab Mousse Bihan« , une expérience de pêche au thon à l’appât vivant, technique inconnue jusqu’alors dans la région. Le bateau a auparavant été modifié au chantier Krebs de Concarneau, pour y incorporer des viviers.

Le 9 août 1950, un jeune garçon est emporté par une lame alors qu’il pêchait à Poulbriel sur ar Gador. Le « Mousse Bihan III » prend le risque de s’engager dans l’anse pour le rechercher, mais sans succès.

En avril 1951, il perd 83 filets, ils étaient tellement surchargés de maquereaux qu’il n’a pas pu les remonter.

Fin mars 1952 il est pris dans la terrible tempête de nordet qui va emporter le maquereautier « All Right » du Guilvinec, faisant 16 victimes. Sa lisse est en partie arrachée par des paquets de mer.

En juillet 1954, il débarque 2030 thons à Concarneau.

En mai 1955, il vend 9,6 t. de poissons et langoustines à Concarneau. C’est probablement le meilleure tonnage jamais débarqué jusque là par un chalutier de Saint-Guénolé.

En juin 1956, il tombe en panne lors d’une marée de chalut, il doit être pris en remorque par le « Fils de l’Océan« . Fin août de la même année il casse un de ses tangons et doit interrompre sa marée de thon au bout de trois jours.

Le « Mousse bihan III » est vendu en Algérie, à Mostaganem, en 1959.

Ils ont fait partie de l’équipage pendant la période 1946-1949 : Pierre Boënnec, Joseph Calvez, Corentin Charlot, Elie Guéguen, Joseph Guénolé, François Hélias, Pierre Hélias, Lucien Lucas, Lucien Riou, Jean-Louis Rioual, Marcel Rioual, Sébastien Séven (2).

(1) détail signalé par Roger Scuiller.
(2) Archives départementales, 2048 w (pour ne pas trop allonger la liste, seuls les marins ayant effectué au moins deux ans sur le bateau ont été retenus).
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2 réponses à Mousse Bihan III

  1. GUILLOU Sophie dit :

    Bonjour
    Je retrouve encore le nom de mon Pépé « Per L’Helgoualc’h »…en français Pierre L’Helgoualc’h » ( Pierrot était un surnom sans doute) mais le nom n’a pas de « r »………Trugaez!
    Sophie (fille de Nadine L’Helgoualc’h)

  2. admin dit :

    Bonjour et bloavez mad !
    Désolé pour la faute d’orthographe, mais ce patronyme est certainement celui qui connait le plus de variantes orthographiques dans le pays bigouden. En cherchant rapidement dans les textes que je n’ai pas encore publié, j’ai retrouvé un Pierre l’Helgoualc’h (né en 1911, je ne sais pas si c’est le même) matelot du « Gustave Zédé » en 1940 et du « Carmencita » en 1942.

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