Octave Mirbeau

A Noël 1883, Octave Mirbeau (1848-1917) quitte Paris pour s’installer à Audierne, il y reste jusqu’en juillet 1884. Mirbeau fréquente les pêcheurs et embarque parfois sur une des chaloupes. C’est probablement dans ces circonstances qu’il découvre le port de Saint-Guénolé.

Il va lui consacrer une sombre nouvelle intitulée « Les eaux muettes » publiée une première fois dans le journal « Le Gaulois », le 17 juin 1884, sous le pseudonyme de Henri Lys. En voici le premier paragraphe :

« Jean Donnard et Pierre Kerhuon embarquaient les filets dans la chaloupe, amarrée au quai, près de la cale, qu’ensanglantaient des débris de poissons fraîchement éventrés. Tout était en mouvement dans le petit port de Saint-Guénolé. Au bruit de leurs lourds sabots, à tige de toile bise, les marins dévalaient, par groupes, le dos courbé et enfoui sous le poids de leurs filets couleur de rouille ; d’autres, bras dessus bras dessous, sortaient des débits de boisson chancelants et chantant ; les mousses appareillaient les bateaux pressés l’un contre l’autre, et près à prendre la mer ; et l’on voyait déjà quelques embarcations filer doucement sur l’eau que battaient les grands avirons, pareils à des vols de goëlands lents et bas. On était au plus fort de la pêche au maquereau. »

Octave Mirbeau

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