Meil dour

Meil dour, [meilh dour] = moulin à eau

« Mezou meill Keréon » (1680 ; 4E214 93)
« Mezou ar veill » (1680 ; 4E214 93)
« Mez an veil » (1690, A89)
« Champ du moulin à eau » (fin XVIIe, 60J36)
« Champ nommé ar veil dour, terres et dépendances » (1701, 4E205 6)
« Messou ar veil dour » (1725, 4E214 199)
« Par ar veil dour » (1725, 4E214 199)
« Canal du dit moulin de Keréon » (1725, 4E214 199)
« Champ meil dour huelaff » (1738, 60J24)
« Parc ar veil » (1738, 60J24)
« Meziou ar veil » (1745, 4E214 130)
« Estang du moulin du dit Keréon » (1745, 4E214 130)
« Canal du moulin de Keréon » (1805, 60J37)
« Mézou veil dour » (1830, 60J30)
« Méjou ar veil dour » (1830, 60J30)
« Mezou ar veil dour » (1833, 3P159 3, cadastre) Toponyme de Kerameil

 

Le village de Keréon est situé à Penmarc’h, juste à la limite de Saint-Guénolé. Son moulin à eau qui enjambait le « canal » demeura en activité jusqu’en 1867. Sa construction remontait au Moyen Age, entre 1025 et 1200, période de forte expansion et de réorganisation sociale et politique. Comme c’était souvent le cas, ce moulin était couplé avec un lieu de pouvoir local : le manoir noble de Kerameil (= village du moulin) semble avoir été construit pour tenir ce rôle : perception des droits, contrôle du pont… Toutefois, il n’est pas impossible que le manoir voisin de Keréon ait un moment donné pris le relais. Ce moulin desservait une population importante car il était le seul moulin pour Saint-Guénolé (les moulins à vent sont apparus plus tard) et pour une partie de Penmarc’h.

Manoir de Keréon entre les deux guerres. Carte postale, éditeur inconnu.

Manoir de Keréon entre les deux guerres. Carte postale, éditeur inconnu.

Le moulin était encore debout en 1871 : le maire de Penmarc’h, Vincent Tanneau le décrivait ainsi : « cet immeuble est assis sur le canal de dessèchement du marais de Lescors ». Il appartenait à la commune depuis 1866 : elle l’avait acheté pour 800 F au châtelain de la Villeneuve en Plomeur : Joseph Nicolas de Pascal, propriétaire du fond et pour 3600 F à la famille Stephan du manoir de Keréon qui en détenait les droits réparatoires et renables (1). C’est d’ailleurs un des membres de cette famille qui fut le dernier meunier : Guillaume Stephan (2). En 1872, la mairie décida de vendre les meules et les divers matériaux qui servaient au moulin (3).

Le canal à l'emplacement approximatif de l'ancien moulin.

Le canal à l’emplacement approximatif de l’ancien moulin.

(1) Le renable d’un moulin correspond à sa valeur mobilière.
(2) 2 O 1096
(3) 2 O 1098
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