Malvaod

Immatriculation : GV 7257
Construit à Liré (Maine-et Loire), il est francisé le 8 juin 1949. Son armement est enregistré le 1er juillet 1949.

Le « Malvaod ». Photo Télégramme du 28 10 1960.

Caractéristiques : chalutier thonier

  • Longueur : 15,43 m
  • Tonnage : 36,51 tx
  • Moteur CLM de 100 cv, puis 120 cv.
  • Signal distinctif : TOBY
  • Couleur : pavois vert, liseré rouge, coque verte.
  • Il est doté d’une double coque.

« Malvaod » est une variante de « morvaout », qui signifie cormoran. Il appartient à Jean Guéguen (1920-1968), patron armateur et prend d’ailleurs la succession d’une pinasse appelée « Cormoran » (GV 6093).
C’est un chalutier thonier, il figure parmi les pionniers de la pêche au thon à Saint-Guénolé en 1949. Il pratique aussi la palangre et surtout la pêche au maquereau de dérive de 1950 à 1956 où il atteint plusieurs fois la barre des 100 tonnes dans la saison. C’est un des meilleurs maquereautiers du port : 22 tonnes en février 1950 (record du port pour 1950), 21 tonnes en mars 1951, 18 t. en avril 1951, 25 t. en mai 1953 (record du port pour 1953), 24 t. en mars 1954 (record du port pour 1954), 23 t. en avril 1955 (record du port pour 1955), 20 t. en mars 1956… A partir de 1957, il choisit de rester au chalut en hiver et au printemps, sauf en 1958 où il effectue encore quelques sorties au maquereau. Au chalut, sa meilleure pêche est de 9 tonnes, en décembre 1957.
Le 20 novembre 1950, le « Malvaod », surpris par la tempête est à la cape  à 70 milles à l’ouest d’Armen. Le vent souffle ouest-noroît, la mer est démontée. A 19h45 une lame déferle et couche le bateau sur babord, alors qu’il y a encore trois marins sur le pont. Le bateau se redresse au bout de cinq minutes, mais un des hommes, Eugène Larnicol, 27 ans, a été emporté. Un peu plus tard, un autre marin, Alain Molis, a l’avant bras fracturé. Le bateau, qui a subi plusieurs avaries, tape-cul déchiré, porte de cuisine arrachée, rentre avec le pavillon en berne.(1)
Le 13 février 1958, alors que le bateau est à la cape en pleine tempête, Jean Guéguen est très sérieusement blessé. La Préfecture maritime dépêche sur les lieux l’aviso « Bisson » qui l’accompagne jusqu’à Brest où il arrive dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15. Jean Guéguen est aussitôt transféré à l’hôpital maritime.
Le bateau doit poursuivre sa carrière avec un nouveau patron, Jean Guénolé. Il est désarmé en novembre 1960.

Le « Malvaod » est alors acheté par l’armement Cotonnec de Concarneau et part pour Pointe Noire au Congo.

ENIM3

« Malvaod » : avis de désarmement administratif. Fichiers matricules du quartier du Guilvinec, Archives de l’ENIM à Paimpol (22).

Un document édité par l’Office de recherche scientifique et technique d’outre-mer nous apprend qu’en décembre 1968 il fait toujours partie de l’armement Cotonnec, mais il est à présent basé à Douala au Cameroun (2).

Parmi les marins qui ont fait partie de son équipage à Saint-Guénolé, j’ai retrouvé les noms de Léon Andro, Jean Bargain, François Bargain, Jean-Louis le Bihan, Jean Calvez, Pierre Cosquéric, Xavier Diquelou (mécanicien), Marcel Le Goff, Pierre le Grand, Didier Gueguen, Claude Guénolé, Joseph Guénolé, Eugène Larnicol, Jean-Louis Lazard, Jean Lucas, Thomas Lucas, Alain Mollis, Jean-Louis le Pape, Pierre Salaun, Raymond Simon, Sébastien Stéphan (né en 1920), Sébastien Stéphan (homonyme né en 1929), Léon Stéphan.

(1) Cf le rapport de mer de Jean Guéguen publié à la suite de cet article.
(2) Laure, Joseph .- La pêche industrielle au Cameroun .- Yaoundé : Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, 1969 .- 127 p. : ill.

 

Rapport de mer de Jean Guéguen (tempête du 20 novembre 1950). Archives départementales du Finistère, 2054 W 1.

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