Le Corse

Immatriculation : GV 8263, puis GV 317510

Construit au chantier Léon Gléhen de Pont-l’Abbé, il est lancé le 10 juin 1968 ; son armement est enregistré le 5 juillet 1968 (1).

« Le Corse », carte postale Jean (détail)

Caractéristiques : chalutier thonier

  • Longueur : 18,14 m
  • Tonnage : 49,75 tx
  • Moteur Baudouin de 360 cv (265 kw), remplacé en juillet 1977 par un Baudouin de 430 cv (316 kw).
  • Signal distinctif : FVDF
  • Cale réfrigérée : 40 m3
  • Couleurs : blanc, liseré bleu.
  • Gaillard avant, passerelle métallique.

« Le Corse » est d’abord armé à parts égales par son patron, Marcel Bodéré, et par l’ACAF (2). Le 30 décembre 1970, Marcel Bodéré devient propriétaire unique. Le bateau porte le nom de l’escorteur rapide sur lequel Marcel Bodéré a effectué son service militaire.

Au chalut, « le Corse » se caractérise par sa régularité. Sa courbe de résultats est légèrement supérieure à la moyenne du port. Il dépasse les 100 tonnes annuelles en 1974, 1975 et 1976. En 1975 il réalise un mois de mars exceptionnel avec un premier voyage à 8,6 tonnes et un second à 13,3 tonnes.

Tonnage moyen par marée de chalut (3)

« le Corse » ne connaît pas la même réussite à la pêche au thon. En 1968 et 1969 ses résultats son médiocres, à l’image des résultats de la plupart des thoniers du port. Il renonce alors provisoirement à cette pêche et rate ainsi deux belles saisons thonières (71 et 72). Lorsqu’il revient en 1973, il tombe à nouveau sur une mauvaise année. Ce sera sa dernière tentative.

« Le Corse » va faire la une des journaux en 1977. Le 22 mai, en soirée, alors qu’il pêche sur le banc de Labadie, il est arraisonné pour un problème de mailles de chalut non conformes, selon les Britanniques. Quelques chalutiers essayent de s’y opposer, ce qui déclenche une riposte d’intimidation au canon de la Royal Navy. Le « Corse » est conduit manu militari à Plymouth avec 20 hommes en armes à bord et une escorte de trois navires de guerre.

« Ils nous ont traités comme des bandits » Marcel Bodéré.


Le 24, Marcel Bodéré passe en procès et est condamné à une amende de 6800 F. Ce jugement, relativement clément, n’apaise pas la colère des pêcheurs bigoudens. Le « Corse » décide de faire route vers Roscoff ou d’autres bateaux bigoudens vont le rejoindre. Le 25, le port de Roscoff  est bloqué par un nombre impressionnant de chalutiers (une centaine en fin d’après-midi). Le car-ferry « Cornouaille », dans l’impossibilité d’accoster, décide de repartir pour Plymouth. Le lendemain le port de commerce de Brest se trouve bloqué à son tour. Le trafic des deux ports sera rapidement rétabli, mais le mouvement social des marins bigoudens durera jusqu’au 6 juin.

En janvier 1984, « le Corse » est vendu au quartier de Saint-Malo et remplacé par une nouvelle unité baptisée « Eon an hent ». « Le Corse », qui avait conservé son nom, a été démoli fin 1991.

Ils ont fait partie de l’équipage : Robert Bodéré, Jos Cadiou, Jo le Corre, Jean Robert Kerfriden, Emile le Rhun, Raymond Salaun, Jean-Louis Stéphan, Noël Stéphan… (4).

(1) Coût de construction : 400 000 F (sans le matériel de pêche)

(2) Armement coopératif artisanal du Finistère

(3) Statistiques établies d’après les données fournies par le mensuel « la pêche maritime », l’hebdomadaire « Le marin » et les quotidiens « Ouest France » et « Le Télégramme ». Elles portent seulement sur le chalutage hauturier et concernent uniquement les quantités débarquées. La qualité des langoustines et du poisson mis en vente  joue aussi un rôle crucial dans le prix de vente, mais elle  n’a malheureusement pas pu être prise en compte ici. Les chiffres des années manquantes seront progressivement intégrés.

(4) Ces noms ont été retrouvés par Joël Stéphan.

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