Le Braconnier

Immatriculation : GV 7812

« Le Braconnier » est construit au chantier Gléhen de Pont-l’Abbé. Il est lancé début juillet 1958, mais les travaux d’équipement sont particulièrement longs, car il n’est immatriculé qu’en décembre et c’est seulement en janvier 1959 qu’il entame sa première marée. (1)

Caractéristiques : chalutier thonier

  • Longueur : 21,37 m
  • Tonnage : 81.66 tx
  • Moteur Baudouin de 2×160 cv
  • Signal distinctif : TQYA
  • Cale réfrigérée : 46 m3
  • Couleur : pavois bleu foncé, liseré rouge, coque bleu clair.

« Le Braconnier » à Concarneau. Photo Jean.

Comme on le voit, le « Braconnier » est un navire hors normes pour Saint-Guénolé, par sa longueur, sa motorisation, sa jauge, son coût (400 000 F alors que les autres bateaux ne dépassent pas les 200 000 F), ses équipements : premier bateau du port doté d’un gaillard et d’une passerelle métallique.

« Le Braconnier » appartient en copropriété à Elie Gueguen, son patron, Louis Gloanec, charcutier à Saint-Guénolé et à Mlle Mulot pour l’armement Linguanotto. Il est équipé pour le chalut et pour la pêche au thon à l’appât vivant.

Sa première année au chalut est exceptionnelle en tonnage : plus de 8 tonnes de moyenne par marée, ce sera très longtemps la moyenne record pour un bateau de Saint-Guénolé. Meilleur chalutier du port en tonnage pour 1959, il détrône « La Chaumière du pêcheur » qui avait dominé les années cinquante (2). Au thon en revanche ses résultats sont très décevants, nettement inférieurs à ceux des thoniers classiques.

Surdimensionné pour le port avec son tirant d’eau de 3,20 m, il choisit Le Guilvinec comme port d’attache au premier semestre 1960. En juillet il est vendu. Il passe entièrement aux mains de l’armement Linguanotto, en la personne de Germaine Mulot (l’épouse de Marco Linguanotto est née Mulot). Son patron et ex-copropriétaire, Elie Gueguen, prend la barre du « Men Hir » qui vient lui aussi d’être racheté par l’armement Linguanotto. « Le Braconnier » sera désormais exploité à Concarneau.

« Le Braconnier » repasse au port du Guilvinec de 1964 à 1966, avant d’effectuer un retour éphémère à Saint-Guénolé en 1967 sous le commandement de Jacques Gourlaouen. Ensuite il prend  définitivement le chemin de Concarneau. En 1971 il quitte le quartier maritime du Guilvinec et prend l’immatriculation CC 4294. Entre temps il a changé plusieurs fois de propriétaires, tout en restant en totalité ou en partie au sein de la famille Linguanotto.

Dans les années 80 il est au Gabon, à Libreville, où il assure la liaison avec les îles Saô Tomé et Principe (transport de produits frais et congelés). Il lui arrive aussi d’assurer des liaisons entre les îles de Guinée équatoriale (3). Mais suite à une panne et faute d’argent pour réparer, le bateau reste immobilisé à quai. Il a fini par couler vers 1987 (4).

L’équipage du « Braconnier » à Saint-Guénolé était composé de Jean Burel (mousse), Jacques Coïc, Pierre Daoulas (mécanicien), Elie Gueguen (patron), Alexis le Nours, Pierre Plouhinec, Rémy Plouhinec et x ?

(1) Coût de construction : 400 000 F (sans le matériel de pêche)
(2) Même si ces chiffres s’avèrent exceptionnels pour un chalutier de Saint-Guénolé, il n’est pas certain qu’ils aient généré des gains à la hauteur des espérances des marins et de l’armement, compte tenu des caractéristiques hors normes du bateau.
(3) Merci à Gilles Boulland pour ces précisions et pour les photos (ci-dessous) de son voyage sur le « Braconnier » entre Malabo et Annobon en 1985.
(4) Témoignage de Patrick Plouhinec

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2 réponses à Le Braconnier

  1. Gilles BOULLAND dit :

    Je garde un très bon souvenir de mon voyage sur le Braconnier en juin 1985 entre le port de Malabo et l’île d’Annobon en Guinée Equatoriale. L’équipage de Français faisait à l’époque du cabotage entre Malabo et Douala pour approvisionner Malabo. Il avait fait le voyage sur l’île d’Annobon à la demande de l’Ambassadeur de France car aucun bateau n’était venu à Pale depuis plus de 14 mois. Durée de voyage 2 jours 1/2 sur un bateau en bois avec un bateau qui ressemblait plus à un « people boot » qu’a un caboteur ; les Annobonnais qui avaient fait le voyage avec nous étaient tous sur le pont à la belle étoile. La navigation se faisait au sextant, et nous n’étions pas sûr de trouvé l’île de 17 km². J’ai des photos du bateau à cette époque si cela vous intéresses.
    Souvenir inoubliable.

  2. admin dit :

    Merci pour votre témoignage. Je suis en effet très curieux de voir vos photos. (mail perso : mesguen@orange.fr).

    Cordialement

    C.Cadiou

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