Beauregard

« le manoir de Beauregard » (1541, A85)
« le manoir de Beauregard » (1628, A85)
« une maison à Kergarien ou Rue Beauregard »(1653, A85)
« Beau regard » (1661, 4E214/129)
« Bauregard du bas » (1677, 59J3)
« Beauregard » (1699, 4E205 4)
« Berregart » (1701, 4E205 6)
« Beauregard » (1749, B172)
« Champ nommé Bérégar ou autrement Tal an nilis » (1757, 60J39)
« Meziou Berregard » (1791, 59J3)
« Berregar » (1833, 3P159 3, cadastre)
« Liors berregar » (1833, 3P159 3, cadastre)
« Méjou Berégard » (1895, 60J109) Toponyme de Kergarien

Beauregard se trouve au nord de la Tour carrée, de part et d’autre de la Rue Molière.

Les propriétaires du manoir de Beauregard devaient une chefrente annuelle aux seigneurs de Kerdégace. Beauregard est-il un nom de famille ? Si oui, celle-ci n’a à ma connaissance laissé aucune autre trace dans la région ; était-elle présente au Moyen Age au temps de la prospérité du port ? Ce nom n’apparaît pas chez les nobles bretons, en revanche Beauregard se rencontre fréquemment comme deuxième élément de patronyme. Plusieurs familles nobles bretonnes faisaient suivre leur nom par « de Beauregard », en particulier les Visdelou (1). Ces derniers possédaient le manoir du Hilguy à Plogastel depuis 1592. Comme les seigneurs du Hilguy étaient déjà propriétaires de terres à Saint-Guénolé, on ne peut pas complètement exclure que Beauregard vienne d’un « Visdelou de Beauregard ».

Il peut aussi s’agir tout simplement du toponyme français « Beau regard » apparenté aux nombreux « Bellevue » qui jalonnent la France et que l’on trouve même en Bretagne bretonnante.

Les manoirs construits avant 1350 possédaient généralement un moulin, un étang et un colombier, Beauregard a donc probablement été construit après cette période. Auprès du manoir, qui semble déjà oublié au XVIIIe, il y avait un village : un acte de 1749 y décrit six maisons ruinées, un four et un puits (2). Sur le cadastre de 1833 on y trouve encore une ruine.

Ce nom de Beauregard avait complètement disparu de la trève et n’était déjà plus vraiment compris par les habitants du XVIIIe : il se rapprocha donc d’un nom de famille breton aux sonorités voisines : Berregar, phénomène courant en étymologie, appelé attraction paronymique. Comme le dit fort justement Jean-Marie Plonéis : « la fonction première d’un toponyme est d’identifier un lieu, le sens du nom n’étant que secondaire » (3). Berregar est un surnom attribué à une personne courte sur jambes.


(1) Kerviler, René .-
(2) B472
(3) Plonéis, Jean-Marie .- Une autre lecture…
Ce contenu a été publié dans 3 : de 1000 à 1596, Manoirs, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *