Le Grand hôtel Saint-Guénolé est le troisième hôtel construit à Saint-Guénolé. Il a été bâti en 1892 sur un terrain que la commune avait vendu vingt ans plus tôt à l’industriel Béziers. Situé dans le quartier de l’Ile Fougère, l’hôtel donnait sur le port côté ouest et sur le Grand Chemin de communication n°73 côté est. Il était flanqué au nord de l’usine Le Deliou et au sud de l’usine Roulland. Il faisait aussi restaurant et disposait de salons pour les banquets et les réunions. L’hôtel possédait même des écuries et des remises.

L’hôtel fut d’abord tenu par Françoise Le Donge, au moins jusqu’en 1899. Elle employait une cuisinière, Anne-Marie Kerguelan et un cocher septuagénaire, Charles Renaud.
Ensuite, dans les premières années du siècle il fut dirigé par des Parisiens, le sculpteur Emile Bickel et son épouse Julie Molin. Ils avaient deux employées. Parmi leurs habitués on trouvait Jean-Julien Lemordant , qui contribua même à la décoration de l’hôtel en y réalisant une fresque en 1902. Emile Bickel quitta Saint-Guénolé en 1909 pour s’installer au Suler. En 1921, c’est lui qui réalisa les sculptures du monument aux morts de Loctudy.
L’hôtel fut revendu en mars 1909 à un couple de Morbihannais : Désiré et Emilie Marot. Devenue veuve, Emilie Marot continua à tenir l’hôtel jusqu’au début des années trente.

Le Grand hôtel Saint-Guénolé fut racheté en 1934 par un Parisien marié à une Penmarchaise, Frank Lanthony, qui le dirigea pendant plusieurs décennies.
A la fin des années trente, l’hôtel proposait 22 chambres, certaines sans eau courante, d’autres avec eau courante et d’autres même avec salle de bain. Les prix s’échelonnaient entre 15 et 35 F. Il disposait d’une salle à manger de 90 m², de cuisines et de cellier, d’une salle de café de 42 m² et d’un garage de 14 places. En outre, l’hôtel avait une annexe. Celle-ci comprenait une cuisine et 3 chambres au rez-de-chaussée et 4 chambres et une salle de bain à l’étage, plus un garage de 2 places.
Fin mai 1940, à la demande de la préfecture, l’hôtel fut mis en partie à la disposition des réfugiés de Belgique et du nord de la France. 60 personnes furent accueillies, réparties dans 18 chambres (1).
Les Allemands réquisitionnèrent l’hôtel et son annexe dès le 4 juillet 1940, ils l’occupèrent partiellement ou en totalité pendant toute la durée de leur présence à Saint-Guénolé (2). Ils occupèrent aussi l’annexe, avant de la faire démolir, le 1er février 1942.
Après la guerre, l’hôtel Lanthony devint le lieu par excellence des fêtes penmarchaises : repas de communion, de mariage, banquets des Cormorans… On aimait venir y faire la noce aux grandes occasions.

(1) Archives départementales du Finistère, 172 WP 284
(2) Archives départementales du Finistère, 172 WP 670 2