1917 (deuxième semestre)


JUILLET

Dimanche 8 : disparition du soldat Yves Marie Le Floch du 44e bataillon de chasseurs à Chevregny (Chemin des Dames, Aisne). Il était né à Penmarc’h le 23 septembre 1887.

Dimanche 15 : la commune de Penmarc’h organise une cérémonie et un repas pour ses 28 mutilés de guerre.

Mardi 17 : début de la grève des ouvrières d’usine d’Audierne-Poulgoazec : elles obtiendront l’augmentation de salaire souhaitée le 21 juillet.

Dimanche 22 : mort du soldat Jean-Louis Guirriec du 94e Régiment d’infanterie aux Chambrettes (Ornes) dans la Meuse. Il était né à Penmarc’h le 4 mai 1887.

Ornes. Carte postale Pierrot.

Mardi 31 : début de la bataille de Passchendaele ou 3ème bataille d’Ypres à laquelle participent plusieurs fusiliers marins bigoudens.

Juillet : Pour soutenir l’effort de guerre, le Service des pêches de la Marine marchande autorise le filet tournant, y compris dans la zone des trois milles.

AOUT

Lundi 6 : mort du matelot fusilier Jean Le Buannic, du service de l’aviation de Corfou, à l’hôpital de Pont-l’Abbé. Il était né à Penmarc’h le 8 mai 1893.

Vendredi 10 : le vapeur anglais « War Patrol », 1127 tx, est coulé par une mine à 2,5 milles à l’ouest de Saint-Guénolé ; 12 disparus, 13 rescapés.

Vers 14h le sémaphore signale la présence en surface d’un sous-marin à 4 milles de la côte. Le chef de poste commandant la batterie nouvellement installée à Saint-Pierre ouvre immédiatement le feu. Le sous-marin disparait. Deux heures plus tard il réapparait dans les mêmes parages, les 2 pièces d’artillerie font de nouveau feu. On ignore ce qu’est devenu le sous-marin.

Samedi 11 : James Mac Donald, 30 ans, marin du « War Patrol » est recuilli vers 6h par deux marins de Penmarc’h. Il était seul à bord d’une des baleinières du vapeur. Il est hébergé à l’hôtel du phare avant d’être dirigé vers Brest.

Mercredi 15 : le vapeur français « Phoebe », 3956 tx, est torpillé à six milles de Penmarc’h, les marins sont sauvés, il y a six blessés.

Vendredi 17 : mort de l’abbé Jean Louis Le Pemp de la 11e section d’infirmerie militaire à l’hôpital militaire de Nantes. Il était né à Penmarc’h le 24 mars 1873.

Dans l’hebdomadaire « Le Finistère » Auguste Dupouy réagit aux propos d’un lecteur regrettant la construction d’usines à Penmarc’h, qu’il qualifie de « coin le plus beau de toute la vraie Bretagne ».

Lundi 20 : mort de Pierre Marie Gloaguen du 411° régiment d’infanterie. Né à Penmarc’h le 31 octobre 1895, il est tué à la cote 304 à Samogneux (Meuse), près de Verdun. Il était cultivateur à Kergarien.

« Les hommes sont plus résignés et plus froids. Henri Gloaguen, quand on lui apprit la mort de son fils, adjudant d’infanterie, à l’attaque de la cote 304, était sur la grève à chercher du goémon. Il dit « Je ne travaillerai plus. Pour qui travailler ? » En effet il n’a pas d’autre fils, et c’est un paysan aisé ; il pouvait tenir parole : le lendemain, il cherchait du goémon sur la même grève. » A Dupouy, Revue de Paris 1918

Vendredi 24 : mort du matelot Vincent Marie Calvez, né le 8 mai 1893 à Penmarc’h. Embarqué sur le cuirassé Diderot, il décède d’une pneumonie à Corfou.

Le « Diderot ». Photo Joao Carvalho, Ilustaçao portuguesa, 1911.

Lundi 27 : forte tempête de nord-ouest dans la nuit du 27 au 28.

Vendredi 31 : naufrage au sud de Saint-Pierre de la chaloupe guilviniste « Sainte-Anne d’Auray », abordée accidentellement par une autre chaloupe guilviniste « La Gracieuse ». Les six marins ont été sauvés.

Août : la pêche à la sardine souffre de pénurie de rogue.

SEPTEMBRE

Début septembre : fin de la pénurie de rogue.

 Mardi 4 : tempête.

Vendredi 7 : le « Versailles » de Kérity, patron Henri Kerloc’h, est coulé par un sous-marin allemand, l’équipage parvient à s’échapper en canot. C’était l’unique thonier de Penmarc’h.

Paul Painlevé remplace Alexandre Ribot à la présidence du Conseil.

Lundi 10 : en fin de journée, une canonnière de Brest repère le canot du « Versailles » et recueille les 5 naufragés.

Mardi 11  : disparition en vol du célèbre pilote Georges Guynemer.

Georges Guynemer

Samedi 15 : les naufragés du « Versailles » sont débarqués à Brest.

Lundi 17 : mort du soldat Vincent Lelgoualch du 348e régiment d’infanterie, dans le secteur des Chambrelles à Beaumont-devant-Verdun dans la Meuse. Il était né à Penmarc’h le 26 décembre 1896.

Mardi 18 : un sous-marin est canonné par la batterie de Saint-Pierre.

Jeudi 20 : tirs d’exercices de la batterie de Saint-Pierre sur un faux sous-marin.

Fin septembre : en plus des hydravions et d’un ballon saucisse traîné par un chalutier, un petit dirigeable est désormais chargé de repérer les sous-marins ennemis à la pointe du Finistère.

Fin septembre : une fête organisée à l’Hôtel continental de Saint-Guénolé dépasse l’heure de fermeture obligatoire. Des gendarmes en tournée, s’apercevant que l’établissement est encore éclairé malgré l’heure tardive, mettent aussitôt un terme à la fête et dressent un procès-verbal à la propriétaire.

Septembre : à la suite d’une pétition des habitants de Saint-Pierre, l’officier commandant la batterie près du sémaphore et son second sont mutés. Les habitants se plaignaient de leur comportement excessivement autoritaire et irrespectueux.

Pêche à la sardine excellente.

OCTOBRE

Jeudi 4 : mort du matelot canonnier Pierre Jean Hélias de la 2ème escadrille de patrouille de Méditerranée, disparu en mer lors du naufrage du chalutier « Stella ». Il était né à Penmarc’h le 4 juin 1900, il avait donc 17 ans. Il habitait Kerouil.

Vendredi 5 : le « PLM-9 », vapeur du Havre, est torpillé au large de Penmarc’h.

Jeudi 11 : mort du matelot Jean Joseph Yequel du 2e dépôt des équipages de la flotte à Brest. Il était né à Penmarc’h le 9 avril 1890.

Vendredi 19 : mort du matelot Julien Hélias, accidenté sur le chalutier « Renard » de l’escadrille de patrouille de Bretagne. Né à Kergarien le 1er avril 1882, il avait épousé Marie-Louise Le Rest en 1906, il était père de famille.

Samedi 20 : création de la base d’hydravions américaine de l’Ile-Tudy (elle entrera en fonction en février 1918).

Mardi 23 au jeudi 25 octobre : l’offensive du Fort de Malmaison conduite par Pétain permet de reprendre aux Allemands  une partie du Chemin des Dames.

Meercredi 24 : début d’une vaste offensive austro-allemande sur le front italien (24 octobre au 9 novembre). Elle se soldera par la déroute italienne de Caporetto.

Samedi 27 : mort à Kippe (Belgique), pendant la dernière offensive de la bataille de Passchendaele, du matelot  Joseph Pierre Goudedranche du Bataillon de fusiliers marins, né à Penmarc’h le 30 août 1893.

Dimanche 28 : mort du matelot Pierre Marie René Le Lay du bataillon des fusiliers marins à Langewaede (bataille de Passchendaele, Belgique). Il était né à Penmarc’h le 14 mars 1895.

Bataille de Passchendaele. Ambulances attendant des blessés à Boesinghe. Photo de Paul Castelnau, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (1)

NOVEMBRE

Vendredi 2 : déclaration Balfour en faveur de la création d’un foyer national juif en Palestine.

Mardi 6 : les Bolchéviques prennent le pouvoir en Russie.

Dimanche 10 : fin de la bataille de Passchendaele commencée le 31 juillet. Les Alliés ont effectué une percée de 10 kilomètres, mais au prix de 25 tués par mètre !

Vendredi 16 : Georges Clémenceau devient président du Conseil et ministre de la guerre après le renversement de Paul Painlevé (le 13).

 Mardi 20 : début de la bataille de Cambrai. Apparition des tanks britanniques.

 Mercredi 28 : mort du soldat Pierre Jean Souron du 262e régiment d’infanterie à Itancourt dans l’Aisne. Il était né à Penmarc’h le 20 mai 1893.

DECEMBRE

 Samedi 15 : armistice de Brest-Litovsk entre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie d’une part et la Russie d’autre part.

Dimanche 16 et lundi 17 : très grosse tempête de nord-est accompagnée de pluie de grêle et de neige.

Mardi 25 : le vapeur danois « Ajax », 1018 tx, est coulé par une torpille. Quatre marins réussissent à gagner Penhors dans un canot de sauvetage. On déplore 11 victimes.

Fin décembre : vague de froid intense sur la France


Autres évènements, remarques, statistiques… pour 1917

On compte 19 bateaux de plus de 10 tx à Saint-Guénolé. Il n’y a aucune nouvelle unité en 1917.

Très bonne année pour la sardine.

Développement  important de la pêche de la raie au large des Etocs et des Guisti.

Les usines diversifient leur production pour faire face aux difficultés de certaines pêches perturbées par les attaques de sous-marins. On met désormais en boîte des chinchards, des pironneaux, des mulets, des harengs, des aiguillettes…

Les habitudes vestimentaires changent :

 « (…)  [Les mousses] gagnent beaucoup, touchant, à quinze et seize ans, des parts d’hommes, au lieu des demi-lots d’avant la guerre, à bord des barques où l’on est trop heureux de recourir à leurs bras incomplètement exercés. (…) La cigarette aux lèvres, l’allure chaloupante, les mains aux poches du pantalon-ceinture – dernière innovation et suprême élégance – des bottines à boutons au lieu de sabots et la casquette à visière au lieu de béret… » (2)

Les récoltes de pommes de terre et de céréales sont excellentes. Seul le foin qui a souffert de la sécheresse, pose problème.

L’alimentation s’améliore : on mange plus de viande qu’avant guerre.

Mathurin Méheut s’installe six mois à Saint-Guénolé avec sa famille. Il y reviendra à maintes reprises.

L’écrivain et homme de théâtre Léon Chancerel découvre Saint-Guénolé.

Ailleurs en Pays bigouden :

Création d’un aérodrome militaire à Kerégard Plomeur.

Construction d’un gué permettant le passage entre Léchiagat et Guilvinec à marée basse.

 (1) http://www.mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr/
(2) Dupouy, Auguste .- Revue de Paris, 1918. (Le prénom officiel du père était Jean Victor et non Henri.)

 

 

 

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