1880

Janvier

Jeudi 29 : naufrage du canot « Caroline » (Q 375) de Jean Le Pape de Kérity.

Janvier froid et sec.

Février

Vendredi 6 : deux particuliers forment, devant le tribunal civil de Quimper, une demande tendant à faire ordonner le partage des communaux ou terres vaines et vagues, situés aux dépendances du village de Kerouil.

Nuit du dimanche 8 au lundi 9 : la « Marie » (Q 86), barque de 3 tx de Jacques Jégou de Kérity est démolie par la mer.

Dimanche 15 : un rapport de l’ingénieur en chef du département sur le ramassage du goémon et ses conséquences sur les dunes entre Saint-Pierre et Saint-Guénolé. Il propose plusieurs mesures visant à limiter la dégradation des dunes mais le conseil municipal refuse de prendre un arrêté allant dans ce sens.

Naufrage de la « Reine des anges » (Q 51), chaloupe de 8 tonneaux, appartenant à Tudy Cluyou de l’Ile-Tudy

Lundi 16 : tempête

Hiver rude en pays bigouden. C’est un des hivers les plus froids observé en France. Les mois qui le précédèrent furent déjà caractérisés par des températures moyennes inférieures à la normale de 2 et 3°.

Mars

Vendredi 19 : le « Saint-Herlé » de Douarnenez, qui avait quitté ses lieux de pêche en raison d’un fort vent de sud-est, est involontairement abordé près des Etocs par le « Bon voyage », autre bateau de Douarnenez. Il n’y a pas de victimes.

Le « Saint-Jacques » de Léchiagat est lui aussi abordé près des Etocs par un Douarneniste : le « Saint-Pierre », les cinq marins sont sauvés.

La chaloupe « Marie Louise » (Q 468) de Pierre Monfort touche un rocher à l’entrée de Lesconil. Elle réussit à rentrer au port, mais un des marins disparaît

Les 200 chaloupes regroupées au Guilvinec pour la pêche au maquereau sortent tous les jours, mais sans grands résultats.

Avril

Mardi 6 : Guilvinec devient une commune. L’entente entre pêcheurs et ouvriers du Guilvinec, aux idées républicaines affirmées, et paysans de Plomeur, fortement conservateurs, était devenue impossible.

Mardi 13 : le « Saint-Alexis » de Concarneau est coulé après avoir été violemment heurté par le « Notre-Dame-de-Tréminou », les dix marins sont sains et saufs.

Samedi 24 : le conseil municipal accepte de vendre un terrain communal de 4000 m² situé à l’étang de la Joie à l’industriel nantais Artaud.

Mai

Mardi 4 : naufrage du lougre « Saint-Pierre » à l’entrée de Kérity. L’équipage est sauvé.

Mercredi 5 : dans la nuit du 5 au 6, le lougre « Les Trois frères » chargé de vin de Bordeaux s’échoue à l’Ile-Tudy sur les roches du Teven. Il finit par repartir par ses propres moyens.

Samedi 8 : décès de Gustave Flaubert (1821-1880). Il était passé à Penmarc’h en 1847, à l’occasion de son voyage en Bretagne en compagnie de son ami Maxime Du Camp.

Gustave Flaubert, ph. Etienne Carjat

Juin

Dimanche 6 et lundi 7 : vent violent d’ouest

Deuxième quinzaine de juin : temps maussade.

Juillet

Mardi 6 : la loi Raspail fixe la fête nationale annuelle au 14 juillet.

Dimanche 11 : amnistie des Communards

Mercredi 14 : une fête organisée par la commune de Penmarc’h a lieu au bourg pour célébrer la fête nationale. Elle commence à 10 heures par une distribution de pain aux indigents de la commune, elle se poursuit à 14 heures par des courses de chevaux, un concours de lutte et des courses à pied.

Première quinzaine de juillet : le temps reste maussade.

Dimanche 25 : victoire républicaine aux élections municipales du Guilvinec, Jean Cleac’h, patron pêcheur, est le premier maire du Guilvinec (le mandat n’est que de 6 mois car les municipales sont prévues l’année suivante).

Juillet : pêche médiocre.

Août

Dimanche 8 : la sardine, très rare cette année, est présente en baie d’Audierne depuis quelques jours.

Samedi 21 : Georges Arnoult (Républicain) est réélu député de la 2e circonscription de l’arrondissement de Quimper avec 7647 voix contre 5191 pour le monarchiste Halna Du Fretay. A Penmarc’h, Arnoult obtient 377 voix, Halna Du Fretay 46.

Août : le Conseil général demande la réparation du vieux môle et la construction d’une cale.

Finistère, Conseil général, rapports et délibérations, 1880 08
Port de Saint-Guénolé en 1880, plan général (détail) (1)

Septembre

Jeudi 2 : un incendie détruit une partie de la ferme de François Coïc à Pratgouzien Penmarc’h.

Lundi 13 au dimanche 19 : tempête de sud-ouest.

Dimanche 19 : démission du cabinet Freycinet.

Jeudi 23 : Jules Ferry devient président du conseil.

Jules Ferry. Photographe inconnu.

Septembre : une vingtaine de femmes de Sainte-Marine pille le bois de Kergillis Bihan à Gouesnac’h appartenant à De Kerallain.

Septembre : installation dans son abri du canot de sauvetage de Lesconil : le « Foubert de Bizy ». C’est un canot à avirons et à voiles de 10,10 m de long.

Le « Foubert de Bizy ». Coll. Chantier Lecoeur

Octobre

Mardi 12 : deux naufrages se produisent sur les côtes bigoudènes : le « Jeune Victor » de Concarneau qui partait pêcher en baie de Douarnenez heurte le rocher du Reissant devant Lesconil et sombre. Seuls deux des cinq marins sont sauvés.

Le chasse-marée le « Saint-Pierre » du Pouldu est victime d’une voie d’eau près de l’Ile Nonna, il essaye de poursuivre sa route jusqu’à Kérity, mais fait naufrage avant d’arriver au port. Il venait de Brest et se dirigeait vers Pont-l’Abbé. Les 3 marins : Baptiste Lagadec (capitaine), Jean Marie le Balch et Guillaume Jégou, tous de Kerity, sont sains et saufs. Ce bateau avait déjà fait naufrage en mai.

Mercredi 27 : tempête dans la nuit du mercredi au jeudi

Novembre

Mardi 2 et mercredi 3 : tempête de nord-est

Dimanche 7 : le conseil municipal approuve le classement du chemin entre Loctudy et Saint-Guénolé en chemin de grande communication.

Lundi 15 au mercredi 17 : tempête

Dimanche 21 : le conseil municipal demande que la commune de Penmarc’h soit rattachée au futur bureau de poste du Guilvinec à condition de ne « contribuer en aucune manière à la dépense occasionnée par la création et l’entretien du bureau projeté »!

Décembre

Temps doux, mais perturbé.

1880 : autres événements, remarques, statistiques…

Deux nouveaux bateaux arrivent au port de Saint-Guénolé en 1880, tous deux appelés « Louis et Marie ». Le premier (Q 402) a été construit à Douarnenez en 1877, c’est une chaloupe de 6,08 tx qui appartient à Louis Auffret (1850-1911). Auparavant domicilié au Guilvinec, Louis Auffret vient de s’installer à Saint-Guénolé. Le bateau porte les prénoms de son patron et de son épouse Marie Stéphan (1857-1929). Le second « Louis et Marie » (Q 466) est un petit canot misainier de 1,59 tx, construit au chantier de Victor Bargain au Guilvinec en 1878. Ils rejoignent le « Saint Fiec » de François Le Pape, le « Sainte Thumette » (Q 274) et probablement le « Saint Corentin » (Q 281) de Corentin Le Pape. A l’époque Saint-Guénolé est surtout fréquenté par les bateaux des autres ports, qui s’y pressent pendant la saison de la sardine. Ils sont environ 150 à y faire régulièrement relâche d’août à octobre 1880.(2)

L’année 1880 est une mauvaise année pour la pêche, elle marque le début d’une crise qui se prolongera jusqu’en 1887. Les quantités de sardines débarquées en France ne représentent que le 1/5 des apports de 1879 et le poisson se vend mal car il est très gros.

On recense cinq nouvelles constructions à Saint-Guénolé en 1880 : deux usines et trois maisons. Les usines sont Hillerin (sur le futur site Amieux) et Roulland auxquelles il faut rajouter Cassegrain qui agrandit l’ancienne presse Pichot achetée en 1879. Ces trois conserveries sont opérationnelles pour la saison de la sardine en 1880. Les trois maisons appartiennent à Marc Cloarec (1853-1894) et Marie Anne le Pape (1856-….) venelle Enez ar Groas, à Germain Stéphan (1847-1901) et Marie le Brun (1848-1926) rue Lucien le Lay (au croisement de la rue des Marais) et à Nonna Stéphan (1822-1885) et Marguerite Bodéré (1834-1907) venelle Louis Jouvet (maison démolie depuis). (3)

L’année 1880 marque déjà un tournant dans l’histoire de la conserverie à Saint-Guénolé : l’usine Artaud a fermé l’année précédente, ainsi que la presse à sardines Pichot, mais trois nouvelles usines viennent d’être construites : Cassegrain, Hillerin et Roulland, et une quatrième a changé de propriétaire (l’ancienne usine Hillerin appartient désormais à Chatellier). Une nouvelle presse à sardines est également apparue, construite par le Concarnois Félix Rabot (sur le futur site Griffon).

Ailleurs en Pays bigouden

Ouverture de l’usine Garreau (future usine Roussel) à Kérity

La mairie de Pont-l’Abbé expulse les frères de Ploërmel et laïcise leur école.

Construction de la chapelle du Sacré-Cœur à Pont-l’Abbé sur des plans de l’abbé Abgrall, avec un financement de Valentine Le Bleis.

Démolition du cloître des Carmes : les pierres sont transférées au château de Kerhuel à Plonéour.

Le cloître des Carmes dans les années 1840, par Auguste Mayer.

Fin de la construction d’une cale de lancement du canot de sauvetage à Lesconil (1878-1880). Premier équipement portuaire, elle servira pour le débarquement de la pêche.

Ouverture d’une nouvelle mairie-école à Loctudy : elle comprend deux classes pour les garçons et une pièce pour la mairie.

Construction du manoir de Langoz à Loctudy.

Le manoir de Langoz. Carte postale Combier.

Construction des viviers de Men Meur au Guilvinec

Construction de l’école de l’Ile-Tudy (1880-1881)

Construction du château néo-renaissance du Cosquer à Combrit.

L’archéologue Paul Du Chatellier fouille le tumulus de Run Aour près de la Torche.

(1) Archives départementales du Finistère, 33 S 1

(2) Rapport de l’ingénieur des Ponts et chaussées. Archives départementales du Finistère, 4 S 1428

(3) Archives départementales du Finistère, 3 P 159 8 (cadastre). L’année 1880 est l’année d’achèvement de la construction.

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