Pêcheries de Pors Carn

Le terme pêcherie a deux sens : c’est à la fois un lieu de pêche (ici les côtes de Saint-Guénolé) et les installations aménagées spécifiquement pour la pêche.

Au Moyen-âge les pêcheries et sécheries de Saint-Guénolé appartiennent au duc de Bretagne. Mais au XIe siècle le duc Alain III crée un Comté de Penthièvre qu’il donne en apanage à son frère Eudon. En plus du territoire du Penthièvre, il lui offre les pêcheries et sécheries qu’il possède en Cornouaille, dont celles de Saint-Guénolé (1).

Pêcherie de Pors Carn

On peut encore voir des traces d’anciennes installations dédiées à la pêche à Pors Carn. S’agit-il des anciennes pêcheries du comte de Penthièvre, d’un réemploi ou de constructions plus récentes, c’est difficile à dire. Ce sont trois longs rectangles de sable, entourés de roches. Autrefois, des pierres dressées à chaque extrémité servaient à tendre un filet qui coupait le rectangle dans le sens de la longueur.

Une des dernières pierres dressées encore en place.

Au XIXe ces pêcheries sont exploitées en commun par les paysans des fermes environnantes. Elles sont encore actives à la fin du siècle. En effet, lors du naufrage de la chaloupe « l’Avantage » sur les Gloanejen le 8 décembre 1893, le seul rescapé, Isidore Stéphan, parvint à nager jusqu’à la pointe de Pors Carn. Après une heure et demie d’efforts il se croyait sauvé lorsqu’il se prit les pieds dans un des filets de la pêcherie, il réussit heureusement à s’en sortir (2). Les pêcheries auraient fonctionné au moins jusqu’à la fin de la guerre 1914-1918. A l’époque on en comptait sept. Après la guerre 1939-1945 certaines ont été détruites à l’aide d’un tracteur, car elles gênaient les usagers du port de Pors Carn.

 

(1) Bien qu’il soit là hors de son domaine, il n’est pas impossible que le seigneur du Pont qui possède de nombreuses pêcheries et sécheries sur la côte sud du Cap Caval ait également eu des droits sur celles de Pors Carn, car la pointe de Pors Carn se nomme Pen ar Pont (= la pointe du Pont). Aurait-il été chargé de percevoir les revenus pour le comte de Penthièvre ?
(2) Témoignage transmis par son petit-fils, Joël Stéphan.
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