Mai 1968

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi 2 : le Comité interprofessionnel du thon fixe le prix au kilo à 3,65 F contre 3,50 F en 1967. La hausse est jugée intéressante par les marins.

Vendredi 3 : il y a désormais six bateaux armés pour la sardine.

La police fait évacuer la Sorbonne et arrête plusieurs étudiants. La révolte de mai 1968 commence.

Dimanche 5 : visite de la région de Brennilis, de la forêt du Cranou et de la plage de Pentrez, lors de la promenade annuelle de l’Amicale laïque de Saint-Guénolé

Lundi 6 : attentat du FLB contre la perception de Pleyben.

Mercredi 8 : manifestation très importante en matinée à Quimper. Le défilé parti du Champ de foire rassemble 16 000 personnes (estimation Ouest-France). L’ensemble des professions est largement représenté. La grève de 24 heures est très suivie dans le Finistère, en particulier à la SNCF et chez les enseignants (90% de grévistes).

Affiche de Charles Perussaux

Vendredi 10 : dans la nuit, plus de 20 000 étudiants affrontent les forces de l’ordre : c’est la nuit des barricades au quartier Latin.

Création du Rugby club bigouden à Pont-l’Abbé.

Samedi 11 : macabre découverte à la Joie. Le cadavre mutilé d’une femme est venu s’échouer sur la plage. Il a visiblement séjourné plusieurs mois dans l’eau.

Dimanche 12 : Monseigneur Barbu est ordonné évêque de Quimper.

Lundi 13 : les syndicats ouvriers déclenchent une grève générale. Une grande manifestation à Paris regroupe étudiants et ouvriers.

Le mot d’ordre de grève générale est très suivi dans le sud Finistère. Un meeting a lieu à la Salle des fêtes de Quimper, suivi d’une manifestation qui rassemble 5000 personnes (estimation Ouest-France).

Lancement du « Basse-Gouach » au chantier des Charpentiers réunis à Saint-Guénolé. Destiné à Roland Bodéré qui commandait jusqu’à présent le « Germain Philippe », c’est un chalutier thonier de 17,15 m, jaugeant 49,29 tx. Il sera équipé d’un moteur Baudouin de 240 cv.

Le « Basse Gouach » au premier plan. Photo Caoudal.

Lancement du « Patrice Myriam » au chantier Kersaudy-Gourlaouen d’Audierne. Il mesure 17,60 m, pour une jauge de 49,05 tonneaux. Le moteur est un MWM de 240 cv. Il sera commandé par Noël Souron.

Mardi 14 : le nombre des sardiniers est monté à neuf.

Vingt bateaux d’Audierne sont partis vers les Açores pour la campagne thonière, avec plus d’un mois d’avance par rapport aux autres années. Les ports d’Audierne et d’Etel ont été choisis pour cette expérience qui vise à allonger la durée de la saison thonière. Chaque bateau volontaire recevra une indemnité de 6000 F. Le départ était initialement prévu lundi 13, mais il a été retardé en raison de la grève, en effet il était impossible de se faire livrer de la glace.

Lundi 20 : il y a plusieurs millions de Français en grève illimitée.

L’Association des parents d’élèves du Lycée  et CES Laennec « invite instamment les parents d’élèves internes à venir reprendre leurs enfants aussitôt que possible ».

Un arrêté préfectoral précise que les terres remembrées de Penmarc’h devront changer de mains selon les cultures au plus tard le 1er octobre 1968, sauf pour les terres plantées en betteraves (15 novembre 1968) et en choux ou en fruitiers (1er mars 1969).

Décès de Jean Guéguen. Né en 1920, il s’était imposé comme un des éléments moteurs du port au lendemain de la Libération. Patron du « Malvaod » il fut blessé en mer en 1958 et dû être évacué par un navire de la Marine nationale. Il a été contraint de renoncer à tout embarquement par la suite.

Cérémonie de départ en retraite du facteur Louis Le Bec, préposé des PTT à Saint-Guénolé.

Mardi 21 : le mouvement de grève s’étend de plus en plus au monde maritime. Les chalutiers de Saint-Guénolé sont pour la plupart rentrés au port, ils préfèrent ne pas repartir pour une nouvelle marée. Les marins de Lesconil et Douarnenez se mettent en grève.

Vendredi 24 : plusieurs milliers d’agriculteurs manifestent à Quimper à partir de 15h. Ils sont rejoints par des délégations des syndicats d’ouvriers, d’enseignants et de marins pêcheurs.

Il y a beaucoup d’invendus sous les criées de Concarneau et Douarnenez. Le problème de l’écoulement du poisson se pose désormais de façon criante.

Samedi 25 : début des négociations entre gouvernement, patronat et syndicats, rue de Grenelle.

A Pont-l’Abbé, réunion commune des syndicats ouvriers, enseignants et paysans.

Lundi 27 : les accords de Grenelle aboutissent entre autres à une augmentation de 35 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti), mais la grève continue.

6000 manifestants se retrouvent à Quimper, place Saint-Corentin (estimation Ouest-France)

Mardi 28 : les cultivateurs défilent à Pont-l’Abbé en fin de matinée, ils déversent des pommes de terre sur la chaussée dans plusieurs quartiers de la ville.

Dans l’après-midi le Comité intersyndical de grève organise une vente de pommes de terre à Pont-l’Abbé, en relation avec les cultivateurs.

A 16h, meeting à la criée du Guilvinec, réunissant les métiers de la mer, les ouvriers et les enseignants. La manifestation dans les rues du Guilvinec rassemble 3000 personnes (estimation Ouest-France)

A 17h, nouvelle manifestation, à Plonéour-Lanvern cette fois, où 500 tracteurs se rassemblent Place de la Victoire. A l’issue de cette action une partie des cultivateurs se rend au Guilvinec pour participer à la manifestation.

Mercredi 29 : au Celtic à 20h30, réunion d’information organisée par les Lycéens de Laennec avec l’aide de professeurs et de membres de l’Association des parents d’élèves. Elle a pour objet de faire le point sur les actions menées pour la réforme de l’enseignement et du baccalauréat.

L’essence commence à se raréfier.

Jeudi 30 : les ouvriers du bâtiment du Pays bigouden décident de reprendre le travail.

A la télévision, Charles de Gaulle annonce sa décision de dissoudre l’assemblée.

Vendredi 31 : la manifestation de Quimper rassemble encore plusieurs milliers de personnes.

Il y a une cinquantaine de bateaux bloqués au port par le mouvement de grève. Certains en profitent pour s’armer pour le thon. Il reste seulement une dizaine de bateaux en mer. Les sardiniers ne sont pas sortis depuis 15 jours.

Bilan du port : 69,3 tonnes débarquées, 125 000 F de chiffre d’affaires. Grâce aux apports des sardiniers (48 t.), mai 1968 est meilleur que mai 1967 (51.3 t., 107 000 F) et ceci malgré la grève.

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