Juin 1967

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Week-end du 3 : « Cléopâtre une reine pour César » de Piero Pierotti et Viktor Tourjansky, avec Pascale Petit, au cinéma Celtic

Dimanche 4 : le beau temps semble installé.

Lundi 5 : début de la Guerre des Six jours entre Israël et ses voisins arabes.

Les sardiniers de Saint-Guénolé pêchent toujours sur les côtes vendéennes, mais plus pour longtemps car la sardine remonte vers le nord.

Week-end du 10 : « Le kid de Cincinatti » de Norman Jewison, avec Steve McQueen et Ann-Margret, au cinéma Celtic

Samedi 10 : cessez-le-feu entre Israël et ses voisins. Israël contrôle désormais la péninsule du Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie et le plateau du Golan.

Dimanche 11 : beau temps pour la Fête des thoniers. Le matin les spectateurs sont sur trois rangs sur le quai pour assister à la course aux canards et aux autres épreuves. La course de yole (2 avec barreur) est remportée par Jean-Marie Monfort, Corentin Scuiller et Monfort. La course à la godille voit la victoire de Rémy Plouhinec devant Pierre Cuillandre. D’autres compétitions ont encore lieu dans la journée : course à pied, course cycliste, tir à la corde, mât de cocagne, course à la valise… La salle Kerfriden accueille comme chaque année le « Grand bal des thoniers » en matinée et en soirée.

Dans la nuit, le « Tronoën » du Guilvinec envoie un message inquiétant à Radio Conquet : « Sommes crochés, impossible remonter chalut ».

Lundi 12 : une R 10 et une AMI 6 entrent en collision dans la ligne droite de Keréon, à l’entrée de Saint-Guénolé ; peu après une 4 L vient heurter les voitures accidentées. Les occupants des deux premières voitures sont conduits à l’hôpital.

Mardi 13 : on est toujours sans nouvelles du « Tronoën »

Mercredi 14 : le mécanicien du « Cénacle » est sérieusement blessé en mer. Le bateau rentre au plus vite à Saint-Guénolé où une ambulance l’attend pour conduire le blessé à l’hôpital.

Le « Cénacle », collection Gilbert Garrec.

Mi juin : le  « Youen » de Jean Bouguéon, qui fut un des meilleurs chalutiers thoniers du port, est sorti de la flottille : il est détruit par le feu sur Krugen. Il est remplacé par le « Petit comédien ».

Jeudi 15 : réunion d’information au Celtic organisée par le Comité cantonal pour la paix au Vietnam, avec projection du film de Joris Ivens  « Le ciel, la terre ». Les délégués pour Penmarc’h sont Louis Kerloch, Thomas Donnard, Roger Coquelin et Louis Le Balch.

Week-end du 17 : « La chevauchée des outlaws », western de Michael Carreras, avec Richard Basehart, au cinéma Celtic

Dimanche 18 : kermesse des écoles de Saint-Guénolé

Lundi 19 : 51 bateaux  de Saint-Guénolé s’apprêtent à partir pêcher le thon, seuls neuf bateaux continuent le chalut. Kérity de son côté arme huit thoniers.

Les sardiniers de Saint-Guénolé sont revenus. Le début de campagne au sud s’est avéré plutôt satisfaisant.

Mardi 20 : quatre thoniers sont en instance de départ : « Fiancé des mers », « Jean-Noël », « Sant-Yann » et « Racleur d’océan ».

Le « Racleur d’océan », photo Pouillot n°819 (détail).

Jeudi 22 : 69 patrons pêcheurs ont signé une note remise à la Commission des ports de la Chambre de commerce : ils réclament une véritable criée à Saint-Guénolé. La halle aux poissons est désormais achevée, la Chambre de commerce envisagerait de lui adjoindre 4 à 5 magasins de marée (Saint-Guénolé en réclame 10). Elle compte aussi dérocter le port à la cote – 250 cm et prolonger les quais sur 150 m. Mais ce projet de criée n’est pas encore fait, car il ne plaît pas à tout le monde, en particulier du côté de Concarneau et de Douarnenez ; pourtant comme dit le journaliste J.L Dubillot : « en tout état de cause, les gars de Saint-Gué sont tout à fait optimistes et pleins de dynamisme ».

Le « Va mon petit » de Kérity coule dans le chenal de la Jument. Grâce à l’intervention d’un scaphandrier il est remis à flot dans la journée.

Vendredi 23 : la construction d’un marché au poisson est évoquée à la Chambre de commerce. La Commission des pêches se prononce favorablement pour le projet, mais il va falloir plusieurs études et discussions avant l’accord définitif.

Week-end du 24 : « X3 agent spécial », film d’espionnage de Ralph Thomas, avec Dick Bogarde et Sylva Koscina, au cinéma Celtic

Dimanche 25 : promenade scolaire organisée par  l’Amicale laïque de Saint-Guénolé dans le Pays de l’Aven.

Deux thoniers font route terre : le « Didier Danièle » victime d’ennuis mécaniques et le « Fils de l’océan » en raison d’une voie d’eau.

Mardi 27 : l’administration de l’Inscription maritime annonce officiellement la perte du « Tronoën », disparu dans l’ouest de Penmarc’h. C’était un chalutier en acier de 24m et 115 tx.,  il a probablement chaviré en essayant de libérer son chalut. Il y avait sept hommes à bord dont deux marins de Saint-Guénolé : Pierre-Jean Le Goff, 49 ans, le mécanicien et René Baudry, 27 ans. Ils habitaient tous les deux la Cité de la Joie.

Mercredi 28 : service solennel à l’église de Guilvinec pour les disparus du « Tronoën ».

Bilan de juin : 63,4 tonnes contre 98,4 en juin 1966. 125000 F contre 218000 en 66. Contrairement à juin 66, les sardiniers n’ont pas vendu à Saint-Guénolé, mais plutôt à Concarneau et Loctudy, ports plus proches des lieux de pêche.

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6 réponses à Juin 1967

  1. Jean-Marc Pochic dit :

    Bonjour,
    Comme vous l’évoquez, voici cinquante ans que le Tronoën a disparu au large de Penmarc’h, au cours d’une marée qui devait être courte.
    Ce bateau de l’armement guilviniste, commandé par mon père Jean Pochic depuis son arrivée du Danemark, était reconnu pour sa stabilité très moyenne. D’ailleurs, le Tréminou n’a pas été conservé et a été vendu en fin 1968.
    Depuis quelques années, je recherche différentes informations sur le Tronoën et son naufrage. C’est au cours d’une recherche que j’ai connu votre site, très riche sur les bateaux et ses marins de Saint Gué et aussi parfois du Guilvinec.
    Si votre temps le permet, la communication éventuelle de vos connaissances et de vos informations sur le Tronoën me toucherai.
    Bien cordialement.

  2. Le Goff dit :

    Bonjour,
    Assidu de votre site, merci de nous partager vos travaux de recherches.
    Je viens vers vers vous à propos du naufrage du Tronoën.
    Fils aîné de Pierre-Jean Le Goff (né 1921) , j’avais 18 ans lors du drame …. quelques remontées prégnantes à cette évocation des marins de St Guénolé.
    Cordialement
    Bernard Le Goff

  3. admin dit :

    Bonjour
    Désolé, mais je n’ai pas d’autres données sur le Tronoën. Je me concentre sur Saint-Guénolé et je n’ai pas constitué de véritables dossiers sur les bateaux des autres ports bigoudens. Ce n’est pas par chauvinisme, mais la tâche est trop vaste pour moi !
    Je me souviens qu’à l’époque (j’avais 14 ans) ce drame était souvent évoqué dans les conversations entre mon père et les autres marins de la famille.
    J’ai tardé à vous répondre, veuillez m’en excuser, mais j’étais en vacances.
    Bien cordialement.
    Camille Cadiou

  4. admin dit :

    Bonjour
    Comme je l’ai écrit à Jean-Marc Pochic, je n’ai rien d’autre concernant le naufrage du Tronoën. Juste quelques souvenirs de conversations entre mon père et les autres marins de la famille concernant la fiabilité du bateau, et puis certainement, c’était le cas après chaque naufrage, beaucoup d’émotion et de tristesse.
    Bien cordialement
    Camille Cadiou

  5. POCHIC dit :

    Je vous remercie pour votre réponse.
    J-M Pochic

  6. Alain GOURRET dit :

    Concernant le Tronoën et suite aux commentaires de Mrs Pochic et Le Goff, je signale que l’association « Aux Marins » de Plougonvelin a élaboré un chemin de mémoire à la Pointe Saint Mathieu, où, sur des pierres levées, sont apposées des plaques rappelant les bateaux disparus et par là même et surtout leurs équipages. Le Tronoën figure sur l’une de ces plaques, ce n’est pas grand chose mais au moins certains des visiteurs qui empruntent ce chemin se poseront la question de savoir quel était ce chalutier disparu en 1967, et le souvenir de nos marins se perpétuera.

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