1918 (deuxième semestre)

JUILLET

Jeudi 4 : un dirigeable de la base de Guipavas chargé de surveiller un convoi, largue trois bombes sur un sous-marin allemand dans le sud-ouest de Penmarc’h.

Vendredi 5 : un hydravion américain de la base de l’Ile-Tudy touche un sous-marin allemand, c’est probablement celui qui avait été repéré la veille en baie d’Audierne. Une très violente explosion se produit et des tâches d’huile apparaissent sur la mer.

Samedi 6 : le matelot de 2ème classe Henri Jean le Brun meurt de maladie à l’hôpital de Dunkerque.

Lundi 15 : nouvelle offensive allemande, cette fois en Champagne.

Mercredi 17 : l’offensive allemande se solde par un échec.

Le tsar Nicolas II et sa famille sont exécutés.

Jeudi 18 : contre attaque des Alliés.

Deuxième quinzaine de juillet et mois d’août : importante vague de chaleur sur la France

AOUT

Samedi 3 : le vapeur américain de 1998 t. « Lake Portage » est torpillé en baie d’Audierne, il y a trois tués.

Le « Lake Portage ». Photo du site www.wreck.fr

Un autre vapeur américain, le « Berwind » (1607 t.) est torpillé en baie d’Audierne, faisant 4  victimes. Brisé en deux, il coule très rapidement.

Un hydravion de l’Ile-Tudy largue 6 bombes sur le sous-marin UB 88, responsable des deux torpillages. Il le touche car on observe une fumée noire à la suite du bombardement, mais il parvient à fuir.

Alertés par les détonations, les habitants de Saint-Guénolé rassemblés sur le quai, observent les combats.

Le canot de sauvetage « Maman Poydenot » porte assistance à l’hydravion américain n° 32, basé à l’Ile-Tudy.

Dimanche 4 : de nombreuses épaves sont retrouvées entre Pors Carn et la Torche, dont un canot armé d’une mitrailleuse.

Mardi 6 : fin victorieuse de la contre attaque des Alliés, elle sera appelée la 2ème bataille de la Marne.

Jeudi 8 : début d’une vaste offensive alliée en Picardie (3ème bataille de Picardie). Les Allemands doivent reculer.

La grippe espagnole, qui fera au moins 20 millions de victimes dans le monde, se déclenche en divers endroits, dont Brest.

SEPTEMBRE

Ouverture de l’école Notre-Dame des Carmes à Pont-l’Abbé.

La grippe espagnole fait trois victimes à Saint-Guénolé, dont un médecin.

Mardi 10 : le matelot de 1ère classe Jean Vincent Jézégabel meurt à l’hôpital maritime de Brest, victime de la grippe espagnole.

Antoine le Pape du 28ème régiment d’artillerie meurt dans un accident à Revigny dans la Meuse.

Samedi 14 : le matelot de 1ère classe Jean Coïc meurt à l’hôpital maritime de Brest, victime de la grippe espagnole. Il était embarqué sur le remorqueur « Infatigable ».

Jeudi 19 : Jean Marie Guirriec, 18 ans, meurt de la grippe espagnole à l’hôpital maritime de Brest.

Dimanche 22 : décès de l’usinier de Saint-Guénolé Jean-Albert Fröchen, atteint lui aussi par la grippe espagnole.

Lundi 23 : le quartier maître Alain Alexis Goudédranche meurt de la grippe espagnole à l’hôpital de Saint-Mandrier.

Jeudi 26 : les Alliés attaquent les Allemands en Champagne (Bataille de Champagne et d’Argonne, 26 septembre au 15 octobre)

Vendredi 27 : début de l’offensive alliée en Belgique

Septembre : l’épave du « Lake Portage » libère peu à peu sa cargaison de milliers de sacs de farine, faisant le bonheur des habitants de Saint-Guénolé en cette période difficile. La plupart des sacs arrivent entre le Menez et la Torche.

« Hommes, femmes, enfants, vieillards aux jambes flageolantes mais aux regards de rapaces, tout Penmarc’h était sur les roches, avec des crocs, avec des lignes, se démenant dans les embruns. Un douanier ou deux firent mine d’intervenir, de prendre les noms des délinquants. Vaine menace ! Ils étaient trop. Une lame moins accommodante emporta l’un d’eux, un père de famille. On le vit un moment tourbillonner dans les remous du Viben, lever la main, puis disparaître. La nuit suivante, au clair de lune, il y avait à peu près autant de gens à fureter comme des fantômes dans le ressac et le goémon de la marée basse. La farine était magnifique, fine, veloutée, à peine mouillée sur quelques millimètres d’épaisseur. Elle suffit à ravitailler pour l’automne et pour l’hiver nos bons chercheurs de bris » (1).

OCTOBRE

Mardi 1er : la ligne de Hindenbourg est brisée en Belgique.

Samedi 12 : le soldat Louis Marie Durand du 12ème Régiment d’infanterie est tué à l’ennemi pendant les combats d’Etaves dans l’Aisne.

Samedi 19 : l’escadrille côtière V-491, composée de 45 hommes dont 12 officiers et équipée de quatre avions, entre en service à Kerégard, commune de Plomeur.

Mardi 22 : un hydravion américain de l’Ile-Tudy touche un sous-marin allemand au sud de Penmarc’h. Un peu plus tard, un hydravion de la base de Camaret le touche à nouveau  à neuf milles au sud-ouest de Penmarc ‘h.

Jeudi 24 : victoire italienne de Vittorio Veneto. Les Austro-hongrois battent en retraite.

Le matelot de 3ème classe Thomas le Calvez meurt de maladie à son domicile. Il avait été embarqué sur le cuirassé « Kléber ».

Samedi 26 : un hydravion américain de l’Ile-Tudy touche un sous-marin allemand au sud-ouest de Penmarc’h. Il est à nouveau touché un peu plus tard à 4 milles au sud-ouest de Penmarc’h par un autre hydravion américain piloté par l’enseigne de vaisseau Sprague. En rentrant du combat, ce dernier rate son amerrissage devant l’Ile-Tudy et succombe peu après des suites de ses blessures.

Mercredi 30 : capitulation de la Turquie.

NOVEMBRE

Dimanche 3 : la marine allemande se mutine à Kiel. C’est le début de la révolution allemande.

Mardi 5 : poussée alliée vers la Meuse.

Le soldat de 2ème classe Jean Louis Cosquer, du 4ème Régiment de cuirassiers, meurt des suites de ses blessures à Villers Daucourt dans la Marne.

Le matelot de 3ème classe Adolphe Louis Garrec est tué lors de l’abordage du chalutier patrouilleur « Océan » par un vapeur inconnu.

Samedi 9 : Guillaume II abdique. La République est proclamée en Allemagne.

Lundi 11 : signature de l’armistice à Rethondes. C’est la fin de la guerre.

Le wagon où l’armistice vient d’être signé. Le maréchal Foch est le deuxième à droite.

Mardi 12 : le quartier maître fourrier Louis Denis le Berre, meurt de la grippe espagnole à l’hôpital militaire de Bône.

Dimanche 24 : décès du matelot de 3ème classe Vincent Marie Helias lors du naufrage du patrouilleur « Inkerman », disparu corps et biens lors d’un ouragan sur le lac Supérieur au Canada. Né à Kerouil, il avait 19 ans.

 DECEMBRE

Dimanche 1er : les troupes alliées entrent en Allemagne.

Le matelot de 2ème classe Jean Marie Carrot meurt à l’hôpital maritime de Brest, victime de la grippe espagnole. Il était embarqué sur le vapeur « Cambrai ».

Mardi 3 : le « PLM 9 », navire charbonnier de 3150 tx, parti de Saint-Nazaire, s’échoue par mauvais temps et forte brume sur Basse Pen Ozac’h devant le Guilvinec. Il parvient à se remettre à flot après plusieurs tentatives, mais les avaries sont très importantes et le capitaine décide d’aller échouer le navire dans l’anse de la Torche.

Mercredi 4 : les conditions météorologiques ne permettent finalement pas l’échouage du charbonnier qui est contraint de s’éloigner un peu de la Torche pour retrouver de la profondeur. A 2h30 du matin les marins quittent le « PLM 9 » dans les embarcations de sauvetage. Assistés par le « Maman Poydenot », ils seront tous sauvés, mais au lever du jour le bateau, victime d’une voie d’eau, a disparu (2).

Samedi 14 : décès à l’hôpital maritime de Brest du matelot Edouard François Buannic, victime de la grippe espagnole. Il avait 19 ans.

 


Autres évènements, remarques, statistiques… pour 1918

Six nouveaux bateaux arrivent à Saint-Guénolé, dont quatre construits en 1918 : « Vive la classe 19 », construit au Guilvinec pour la veuve Bodéré, « La Mouette » (GV 4166) (7,36 tx), construit au Guilvinec pour Louis Souron, « Courbet » (4,57 tx), construit à Pont-l’Abbé pour Henri Donnard, « Henri IV » (3,93 tx) pour Henri Nédélec, construit à l’Ile-Tudy, plus le « Marguerite Anna » construit en 1910 à Port-Louis pour Eugène Auffret (11,33 tx) et « L’Homme » (5,41 tx) d’ Alain Durand, construit en 1911 à Douarnenez.

Formation de la « Coopérative de crédit mutuel de Penmarc’h » qui a pour objet l’achat en commun de matériel de pêche.

Développement de la culture des petits pois à la palue, soutenue par la demande des conserveries locales.

L’âge d’embauche des enfants dans les conserveries est porté à 13 ans.

Création du Cercle celtique de Pont-l’Abbé.

 

(1) Dupouy, Auguste .- Pêcheurs bretons .- Paris : E. de Boccard, 1920 . 233 p.
(Le noyé s’appelait Jean-Marie Coïc, il avait 35 ans. Selon le journal « Ouest Eclair » du 29 septembre 1918, le drame a eu lieu à Pors Carn aux Vein zu et non an Viben)
(2) Pour plus d’informations voir le site Plongepave.
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2 réponses à 1918 (deuxième semestre)

  1. Prudence A Moore dit :

    Bonjour,

    Mon arrier grand oncle etait Emile Bickel. Avec sa femme, Julie Molin et ses enfants ils a habite le Grand Hotel St Guenole vers 1905. Apres ca, il a habite Loctudy et la il a sculpte le Memorial de la Guerre.

    Je serrai en Finistere le prochain semaine et j’espere visiterai encore Loctudy. Est ce qu’il y peut etre les choses speciales pour marquer le centieme anniversaire. Aussi, connaisez-vous quelqu’un qui rappele l’histoire de la famille Bickel?

    Excusez mes fautes…je suis Anglaise!

  2. admin dit :

    Bonjour
    Sur l’histoire de la famille Bickel vous pouvez vous renseigner auprès de l’Association « Histoire locale et patrimoine de Loctudy » : https://loctudy-expo.jimdo.com/
    Ils ont peut être quelques informations.
    Bon séjour en Pays Bigouden.
    Camille Cadiou

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